Dernières lectures BD : coups de cœur et déceptions

Dernières lectures BD : coups de cœur et déceptions

Je reprends du service après presque un mois d’absence. Un mois qui ne s’est pas fait sans lectures BD puisque j’en ai lues plus d’une vingtaine ! Stage en bibliothèque oblige, l’offre et la tentation étaient bien trop grandes… À mon plus grand bonheur ! Retour sur mes albums coups de cœur mais aussi quelques déceptions…


Le perroquet Espé GlénatLe perroquet, Espé 

Glénat (2017)

Le perroquet est narré d’après le point de vue et le vécu de Bastien lorsqu’il avait 8 ans. Il y raconte son quotidien, différent de celui des autres garçons puisque sa maman souffre de troubles bipolaires à tendance schizophrénique. Dessins et couleurs participent à la retranscription de cette enfance partagée entre moments de tendresse et de détresse. On termine cette lecture avec la chair de poule et les larmes aux yeux.


Polina Bastien Vivès Casterman Polina, Bastien Vivès 

Casterman (2011)

La petite Polina s’apprête à passer une audition dans une des écoles les plus prestigieuses de danse classique. Malgré une performance en demi teinte, elle sera acceptée et prise en main par le professeur Bojinski, aussi craint que respecté. Dans un milieu artistique très rigoureux, Polina devra faire ses propres expériences et choix. Un parcours initiatique tout en mouvements et douceur grâce à la maestria de Bastien Vivès.


Habibi Craig Thompson CastermanHabibi, Craig Thompson 

Casterman (2011)

Dodola et Zam sont deux enfants esclaves qui vont se rencontrer, s’échapper et vivre ensemble à l’abri des regards dans un désert pollué du moyen-orient. Si jeunes et possédant déjà un passé tragique, ils vont malheureusement finir par être séparés. Ils vont devoir traverser beaucoup d’épreuves avant de pouvoir espérer être réunis. Habibi mêle à sa trame principale de nombreux contes, paraboles religieuses et sourates du coran qui servent le récit.  Ce roman graphique aborde de nombreux thèmes passionnants comme la représentation et la place réservées aux femmes, la question environnementale et un questionnement spirituel. Ne soyez pas impressionné par ce pavé de plus de 600 pages car chaque chose a sa place et le tout se lit d’une traite.


Dans la forêt sombre et mystérieuse Winshluss GallimardDans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss 

Gallimard (2016)

La nouvelle vient de tomber : la grand-mère d’Angelo est très malade et il faut vite aller lui rendre visite. Toute la famille embarque dans la voiture familiale mais Angelo est oublié sur une aire d’autoroute… Le petit garçon ne se laisse par abattre et décider de se rendre à destination en coupant à travers la forêt où il rencontre créatures et personnages plus atypiques les uns que les autres. Le périple ce transforme en Aventure avec un grand A. Chaque page est bourrée d’humour et de situations décalées jusqu’à sa surprenante happy end.


7ème étage Asa Grennvall L'Agrume7ème étage, Åsa Grennvall 

L’Agrume (2013)

Åsa intègre une école d’art où elle ne tarde pas à se faire des amis. Sa personnalité et son style biens à elle la font se fondre à merveille dans ce nouvel environnement. Tout lui sourit jusqu’à ce garçon parfait qui s’intéresse à elle. Peu à peu, l’idylle va pourtant se transformer en cauchemar jusqu’à l’irréparable. Glaçant, ce récit écrit comme un journal intime est porté par son autrice qui a fait et continue de faire preuve de beaucoup de courage en nous partageant son vécu.


Jean Doux et le mystère de la disquette molle Philippe Valette DelcourtJean Doux et le mystère de la disquette molle, Philippe Valette 

Delcourt (2016)

Après l’inénarrable Georges Clooney, Philippe Valette fait son grand retour. Plongée dans les années 80 au cœur d’une entreprise spécialisée dans les broyeuses à papier. Notre héros Jean Doux arrive malencontreusement en retard  à une réunion très importante. Las du quotidien de la vie de bureau, il part s’échapper quelques instants dans un local abandonné. Là, il tombe sur une disquette molle, vestige d’un temps révolu qui semble détenir de sombres secrets. S’ensuit alors une enquête pour tenter de sauver l’entreprise. Drôle, décapant, j’espère retrouver un jour Jean Doux pour de nouvelles aventures !


Le singe de Hartlepool Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau DelcourtLe singe de Hartlepool, Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau 

Delcourt (2012)

Début du 19ème siècle durant les guerres napoléoniennes, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Seul survivant : un chimpanzé arraché à sa famille et devenu animal de compagnie de l’équipage. Attifé comme un français, son uniforme tricolore semble tromper tout le monde jusqu’aux habitants de la ville d’Angleterre qui, au fond, n’ont jamais vu de français… Il est décidé d’en faire un exemple, le singe est alors écroué et traîné en justice. Légende du folklore anglais, Le Singe de Hartlepool fait état de la folie des hommes et de la guerre.


Aya de Yopougon Marguerite Abouet et Clément Oubrerie GallimardAya de Yopougon, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie 

Gallimard (2005)

Côte d’Ivoire, 1978. Aya a dix-neuf ans et vit à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan. Élève sérieuse se concentrant sur ses études, elle veut un avenir différent des autres. Son rêve ? Devenir médecin pour échappper à la fameuse série C : coiffure, couture et chasse au mari qui semble toucher de plus en plus ses amies. Toute une galerie de personnages et de nombreux thèmes sont abordés dans Aya de Yopougon rendant cette série riche et pleine d’espoirs.


L'adoption Zidrou et Arno MoninBamboo ÉditionL’adoption, Zidrou et Arno Monin 

Bamboo Éditions (2016)

Qinaya est une petite orpheline péruvienne de 4 ans. Adoptée par une famille française, elle va chambouler le quotidien de toute une famille et surtout Gabriel, le « papy ronchon » qui va devoir apprendre à devenir grand-père. Si le tout est touchant, la fin apporte vraiment un autre souffle au récit dont on a envie de lire la suite. Suite qui paraît d’ailleurs dans quelques jours…


Les rêveries d'un gourmet solitaire Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi CastermanLes rêveries d’un gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi 

Casterman (2016)

Le Japon et la gastronomie : une grande histoire d’amour ! Cette ouvrage et la réussite qui l’entoure en sont l’exemple criant. Entre deux rendez-vous et voyages d’affaire, tous les prétextes sont bons pour notre gourmet solitaire affamé de découvrir un petit restaurant japonais. Une BD qui mêle découvertes culinaires donc mais également culture japonaise. À lire le ventre plein.


Dans la peau d'un jeune homo Hugues Barthe HachetteDans la peau d’un jeune homo, Hugues Barthe 

Hachette (2006)

Hugo a 14 ans et se sent plus attiré par les hommes. Âge ingrat oblige, son corps change, ses envies se précisent, la pression sociale se fait de plus en plus forte. Mais voilà, il ne sait pas à qui en parler : ses camarades de classe sont si différents et son frère à l’exact opposé de lui… Est-ce une passade ? Suis-je normal ? Autant de questionnement par lesquels Hugo va passer jusqu’à accepter et faire son coming-out. Une BD sans prétention écrite comme un guide ou un journal intime où Hugues Barthe nous fait preuve de sa propre expérience adolescente.


Amitié étroite Bastien Vivès CastermanAmitié étroite, Bastien Vivès 

Casterman (2009)

Francesca et Bruno partagent un lien d’amitié très fort que peu comprennent. A l’opposé l’un de l’autre ils ressentent pourtant ce besoin irrépressible de se voir régulièrement. Pourtant, lorsque Bruno entame une histoire d’amour, Francesca vit mal la situation et remet en question les sentiments qu’elle éprouve pour son ami. Relation ambiguë qui se mue peu à peu en amour sincère, Bastien Vivès décrit avec justesse cette histoire naissante tout en tendresse.


L'enterrement de mes ex Gauthier 6 Pieds Sous TerreL’enterrement de mes ex, Gauthier 

6 Pieds Sous Terre (2015)

Le premier émoi télévisuel de Charlotte se fait à travers Jane, dans Jane et Serge. Elle s’inscrit alors au volley pour partager la sueur et les douches de ses camarades. Déjà, elle se sent différente des autres. Elle tisse des amitiés étroites avec quelques filles et ne comprend pas toujours les sentiments qui l’habitent. De l’amitié à l’amour, le pas est vite franchi et ses premières déceptions sentimentales ne se font pas attendre. Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’expérience mais bien de réels sentiments. Partagé entre plusieurs chapitres qui représentent des périodes charnières, nous suivons Charlotte jusqu’à l’âge adulte à travers expériences et découverte de soi.


 

Jane, le renard & moi Fanny Britt et Isabelle Arsenault La PastèqueJane, le renard & moi, Fanny Britt et Isabelle Arsenault 

La Pastèque (2013)

Nous découvrons Hélène en pleine période sombre. Rejetée par ses camarades, elle se retrouve seule à l’école. En plus, elle n’aime plus vraiment son corps… Elle se réfugie alors dans le monde de Jane Eyre dont la lecture l’aide à s’échapper pour quelques instants…

Un roman graphique tout en poésie qui aborde le thème du harcèlement scolaire. Les illustrations d’Isabelle Arsenault sont un must !


Idéal standard Aude Picault DargaudIdéal standard, Aude Picault 

Dargaud (2017)

Alors qu’elle vient de passer la barre fatidique des 30 ans, Claire est toujours célibataire. Autour d’elle, ses amies sont en couple, mariées et parfois déjà mères. Et ce n’est pas à son travail en néonatalogie que la pression sociale diminue. En rencontrant Franck, elle veut se persuader que cette fois c’est le bon, qu’elle va pouvoir construire quelque chose de solide. Mais entre attentes et réalités, le fossé est parfois énorme

Loin des clichés des célibattantes, Idéal standard est réaliste et aborde des thèmes importants tels que l’accomplissement personnel, le couple, le désir, l’indépendance…


Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill Jean Regnaud et Emile Bravo GallimardMa maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, Jean Regnaud et Emile Bravo 

Gallimard (2007)

C’est la panique pour Jean alors qu’à la rentrée des classes, l’institutrice demande la profession des parents. Son père est patron ça il en est sûr mais sa mère ? Il ne sait quasiment rien d’elle et pour éviter d’être différent, il va inventer. Elle sera secrétaire, après tout, pourquoi pas ? Cela fait si longtemps qu’il ne l’a pas vue. Mais elle va bientôt revenir, elle est en Amérique et lui envoie des cartes que lui lit sa voisine… Une jolie BD pour aborder en douceur la perte.


L'apocalypse selon Magda Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel DelcourtL’apocalypse selon Magda, Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel 

Delcourt (2016)

L’apocalypse annoncée il y a un an n’aura finalement pas lieu. Alors que l’humanité entière se réjouit de cette nouvelle, Magda 14 ans, est dévastée. Pour comprendre sa réaction il faut revenir quelques mois en arrière. Magda a trop peu vécu, expérimenté, elle ne peut et ne veut pas mourir vierge de toutes expériences. Elle n’est pas la seule à décider alors d’embrasser la vie et tout ce qui s’offre à elle, vite, trop vite peut-être…


Conduite interdite Chloé Wary SteinkisConduite interdite, Chloé Wary 

Steinkis (2017)

Nour rentre en Arabie Saoudite après avoir passé 5 ans à Londres. Elle trouve son pays natal bien rétrograde sur la question féminine par rapport à l’Angleterre où elle a pu y être libre et étudier ce qu’elle souhaitait. Elle souffre de cette contradiction : elle aime son pays mais ne peut s’y accomplir. Conduite interdite est l’histoire vraie d’un collectif de femmes qui en 1990, a pris le volant dans un pays qui interdit aux femmes de conduire. Si cette BD a à priori tout pour me plaire elle évoque trop rapidement des sujets importants et aurait mérité d’être bien plus approfondie.


Facteur pour femmes Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice Bamboo ÉditionFacteur pour femmes, Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice 

Bamboo Éditions (2015)

La Première Guerre mondiale éclate et vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux, les femmes… et les infirmes. Maël, en plus d’un pied-bot, est jugé simple d’esprit par les habitants de l’île. Pour cela, il n’est pas mobilisé mais devient le facteur attitré. Sa tâche consiste à livrer aux femmes les lettres de leurs hommes partis au front. Seul homme vigoureux, il devient très vite le confident et l’amant de ses femmes qui se sentent bien seules. Difficile de s’attacher au personnage principal, ce Maël qui est repoussant dans bon nombre de ses actes…


Tu sais ce qu'on raconte Gilles Rochier et Daniel Casanave WarumTu sais ce qu’on raconte, Gilles Rochier et Daniel

Warum (2017)

Tu sais ce qu’on raconte, c’est l’histoire d’une rumeur qui enfle et est reprise par tous les habitants du village… À tel point qu’on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Le procédé, la construction et le postulat sont louables mais l’ensemble reste tout de même anecdotique et ne fait pas de cette BD un ouvrage à lire et relire.


 

La favorite de Matthias Lehmann

La favorite de Matthias Lehmann

Dans La favorite de Matthias Lehmann (publiée chez Actes Sud), le ton est donné dès la première page. On y aperçoit Constance, une petite fille à l’allure terrorisée que surplombe une grand-mère plus proche de la sorcière que de la parente pétrie de douceur… Ses parents, elles ne les connaît pas. Ils seraient morts dans un accident quelconque. Élevée par ses grands-parents dans un château de la Brie, Constance n’a jamais été autorisée à sortir de la propriété. C’est sa grand-mère qui lui fait la classe et bien souvent elle est punie de manière plus que sévère. Le grand-père est plus affable bien que couard et consent par ses silences.

Différente et sciemment mise à l’écart, Constance ne se laisse pas pour autant abattre et continue – dès que le moment s’y prête – ses jeux d’enfant. Noirette la chatte du jardin l’accompagne dans ses aventures solitaires jusqu’à l’arrivée du nouveau personnel qui pourrait bien tout changer dans le quotidien cauchemardesque de l’enfant…

la favorite matthias lehmann actes sud bd bande dessinéeUne bande dessinée dont j’aurais aimé vous parler en long, en large et en travers. Il est cependant difficile de trop vous en parler sans gâcher tout la surprise et le plaisir liés à cette découverte bédéesque. Les illustrations pareilles à des gravures toutes en monochromie sont superbes et en accord parfait avec l’histoire qu’elles racontent. Le tout offre une sorte de mélange détonnant entre le graphisme sombre d’un Charles Burns et l’atmosphère onirique de l’enfance d’un Guillaume Bianco… Une réussite !


 

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude a remporté (entre autres) le Prix du public Fnac-SNCF lors du Festival d’Angoulême en 2011. En 2013, il a été porté à l’écran par Abdellatif Kechiche dans La vie d’Adèle qui a reçu la Palme d’or du Festival de Cannes. Cette adaptation est librement adaptée de la bande dessinée de Julie Maroh.

Clémentine et Emma

Le tragique de l’histoire s’affirme dès les premières pages. Emma vient passer une nuit chez sa compagne décédée. Clémentine lui a légué son premier journal intime qu’elle avait reçu à ses 15 ans. L’occasion pour nous lecteurs de découvrir la genèse de ce lien entre les deux jeunes femmes.

Clémentine est au lycée où elle va bientôt passer son bac. Élève studieuse tout semble lui réussir : elle est entourée de tout un groupe d’amis et un garçon plus âgé s’intéresse à elle. Ce dernier s’appelle Thomas et va devenir son petit ami.  Si tout semble bien se passer entre eux, Clémentine n’arrive pas à être tout à fait à l’aise. Un jour, elle croise une femme à la chevelure bleue… Cette rencontre est une révélation pour Clémentine. La femme aux cheveux bleus ne va dès lors plus quitter ses pensées et son inconscient. En effet, les premiers rêves érotiques apparaissent et avec eux la culpabilité. « Je suis une fille. Une fille doit sortir avec des garçons ».

Clémentine qui a finalement tout à apprendre de l’amour va subir le rejet des autres. Ce premier amour sera teinté d’amertume puisqu’elle va devoir faire face à l’homophobie ambiante, s’accepter et avoir la force de vivre cet amour au grand jour.

le bleu est une couleur chaude julie maroh éditions glénat bdLes personnages d’Emma et Clémentine sont inspirants. On ne peut qu’admirer la façon dont elles vivent (chacune différemment) cet amour, cette fierté de la différence. Chaque planche est totalement maîtrisée pour un rendu graphique éblouissant où la couleur est utilisée avec parcimonie et prend ici tout son sens (le fameux bleu d’Emma, cette couleur chaude). Chaque émotion est très bien retranscrite et rend les personnages très expressifs. Le bleu est une couleur chaude est avant tout une formidable histoire d’amour où le tragique se trouve mêlé à la douceur.

 

Bilan de mes lectures du mois de Mars

Bilan de mes lectures du mois de Mars

Le ventre de Paris est le troisième tome apparaissant dans l’ordre chronologique des Rougon-Macquart, juste après La Curée. L’action se déroule aux Halles centrales de Paris qui viennent d’être construites et sont alors le lieu d’un énorme marché à ciel ouvert. Un roman passionnant (autant historiquement que sociologiquement) et dur où les personnages gravitent autour des Halles et de sa nourriture en abondance qui est ici un symbole fort. Nous retrouvons dans Le Ventre de Paris les thèmes de prédilection d’Emile Zolaavec cette nouvelle construction apparentée à une sorte de monstre, un héros en marge qui « a eu faim toute sa vie » et qui rompt la tranquillité des petits bourgeois, ces « honnêtes gens ».

Si le passage vers une nouvelle année est l’occasion de se réunir en famille autour d’un bon repas, il est également générateur d’angoisses. Qui n’a jamais redouté un repas de famille ? Entre les tensions et les non-dits, il n’est pas toujours facile de passer un bon moment… Alejandro Palomas réussit le pari de nous présenter tout l’éclectisme d’une famille qui n’est finalement pas si éloignée de la nôtre. Les différents membres qu’elle compose se dévoilent au fil des pages et apprennent à se reconstruire, à ne pas avoir peur de vivre. En cela, Une mère est une ode à la vie touchante, qui fera écho en chacun de nous.

Bastet est une chatte domestiquée qui a accès à tout le confort que son espèce peut espérer. Il ne lui manque rien ! Ou presque… Sa vie prend un tournant lorsqu’elle rencontre son voisin de chatière nommé Pythagore. Au même moment le sort de l’Humanité est en train de basculer dans le terrorisme, la guerre, la peste et autres joyeusetés. Paris est ravagé par des incendies, des pillards et des milliers de rats. Et si le dernier espoir que nous avions résidait au cœur de nos foyers ?

À la suite d’un drame, le monde d’Emma plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre…  Le roman profite d’une large palette de personnages construits et profonds. Chacun y a son rôle à jouer et représente un héros du livre à part entière. Mon midi mon minuit reste un roman léger malgré le thème abordé. Sa lecture fait naître plusieurs émotions – parfois diamétralement opposées – d’une page à l’autre et chaque lecteur en retirera quelque chose en fonction de son vécu et de sa personnalité.

Au gré de vos lectures, cela vous est forcément arrivé de tomber sur une coquille, un mot mal orthographié, une ponctuation manquante… Muriel Gilbert est correctrice au sein de Le Monde et œuvre à rendre plus belle la vie des lecteurs de France. Ces Confessions sont remplies de traits d’esprit, de petites astuces, d’exceptions de la langue française. Son autrice fait participer le lecteur qu’elle instruit par la même occasion de manière ludique. La lecture est fluide et nous arrache de nombreux sourires. Un livre à lire et relire qui n’est pas seulement réservé aux lecteurs pointilleux.

Emma vient passer une nuit chez sa compagne décédée. Clémentine lui a légué son premier journal intime qu’elle avait reçu à ses 15 ans. L’occasion pour nous lecteurs de découvrir la genèse de ce lien entre les deux jeunes femmes. Les personnages d’Emma et Clémentine sont inspirants. On ne peut qu’admirer la façon dont elles vivent (chacune différemment) cet amour, cette fierté de la différence. Chaque planche est totalement maîtrisée pour un rendu graphique éblouissant où la couleur est utilisée avec parcimonie et prend ici tout son sens. Chaque émotion est très bien retranscrite et rend les personnages très expressifs. Le bleu est une couleur chaude est avant tout une formidable histoire d’amour où le tragique se trouve mêlé à la douceur.

Élevée par ses grands-parents dans un château de la Brie, Constance n’a jamais été autorisée à sortir de la propriété. C’est sa grand-mère qui lui fait la classe et bien souvent elle est punie de manière plus que sévère. Le grand-père est plus affable bien que couard et consent par ses silences. Différente et sciemment mise à l’écart, Constance ne se laisse pas pour autant abattre et continue – dès que le moment s’y prête – ses jeux d’enfant. Noirette la chatte du jardin l’accompagne dans ses aventures solitaires jusqu’à l’arrivée du nouveau personnel qui pourrait bien tout changer dans le quotidien cauchemardesque de l’enfant…

Au bonheur des fautes de Muriel Gilbert

Au bonheur des fautes de Muriel Gilbert

Au gré de vos lectures, cela vous est forcément arrivé de tomber sur une coquille, un mot mal orthographié, une ponctuation manquante… Ces erreurs font partie intégrante du quotidien des lecteurs et si la plupart du temps elles ne sont pas légion, elles peuvent vite agacer, vous faire froncer les sourcils et sortir de votre lecture. Muriel Gilbert est correctrice et œuvre à rendre plus belle la vie des grammar nazi de France.
N’est-ce pas le plus beau métier du monde ?

Les correcteurs, cette espèce en voie d’extinction

Au bonheur des fautes est le livre qui m’a accompagnée durant toute la durée du Salon du livre de Paris. L’ironie veut que des correcteurs y manifestaient pour dénoncer leurs conditions de travail précaires, cause à laquelle j’étais de fait plus sensibilisée. À l’ère numérique, de plus en plus de contenus sont publiés mais de moins en moins de correcteurs sont embauchés. Le résultat de cette équation ne laisse que peu de possibilités : les lignes qui s’offrent à nos yeux sont truffées de fautes.

Une poignée de «virguleurs» exerce encore ce métier dans des bureaux de rédaction journalistique. C’est le cas de Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde. Ce métier s’est finalement imposé à elle comme une évidence. Amoureuse des lettres, admiratrice des expressions québécoises (on la comprend !), insatiable de mots elle chérit… les fautes ! Sans les fautes d’orthographe elle ne pourrait bien entendu pas exercer son métier mais son rapport à ces dernières va bien au-delà. Elle sait faire preuve de bienveillance, redécouvrir le sens premier des mots dans les erreurs des enfants ou même des étrangers qui s’essaient à la langue de Molière.

La langue n’est pas gravée dans le marbre. […] Elle appartient à ceux qui la parlent, à ceux qui l’écrivent. Si elle est langue vivante, c’est grâce à eux. […] S’ils sont suffisamment nombreux à faire la même faute… elle devient la norme, et cesse tout bonnement d’en être une. Fautons ensemble !

Ces Confessions d’une dompteuse de mots sont remplies de traits d’esprit, de petites astuces, d’exceptions de la langue française. Son autrice fait participer le lecteur qu’elle instruit par la même occasion de manière ludique. La lecture est fluide et nous arrache de nombreux sourires. Un livre à lire et relire qui n’est pas seulement réservé aux lecteurs pointilleux.

 

Mon midi mon minuit d’Anna Mc Partlin

Mon midi mon minuit d’Anna Mc Partlin

J’ai eu la chance d’approcher Anna Mc Partlin lors d’une rencontre organisée par Babelio et les éditions du Cherche Midi. L’autrice était à Paris pour promouvoir son livre que l’on peut enfin se procurer outre-Manche, 12 ans après sa sortie en Irlande ! Anna Mc Partlin déborde d’humour, d’énergie et fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, à l’image de Mon midi mon minuit.

À la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre

Mon midi mon minuit

Le roman, intitulé Pack up the Moon dans sa version originale est un vrai casse-tête pour l’auteur et sa version française. Après moult propositions ce sera finalement Mon midi mon minuit qui sera conservé. Il s’agit d’un passage du poème Funeral Blues de W. H. Auden :

Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;
Je croyais que l’amour jamais ne finirait : j’avais tort.

Si ces vers ne vous sont pas inconnus c’est parce qu’ils font partie de la célèbre oraison funèbre dédiée à Gareth dans le film Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell. Moins connu en France, ce poète américain d’origine anglaise a influencé de nombreux écrivains anglo-saxons et Anna McPartlin avait étudié ce poème qui l’avait à l’époque bouleversé et qu’elle n’a jamais oublié.

Un roman très personnel

Il y a 10 ans, Anna Mc Partlin a perdu sa mère mais également un de ses meilleurs amis. Point de départ de ce roman, elle assure que ces deuils ont touché tout le monde d’une manière différente mais qu’ils ont également permis de rassembler les personnes entre elles. Ses amis, qui ont joué le rôle de seconde famille ont été présents lors de ces moments difficiles. C’est de tout cela dont Anna Mc Partlin s’est inspirée. Totalement fictionnel, ce roman reste cependant un des plus personnels de l’autrice.

Après Les derniers jours de Rabbit Hayes, Mon midi mon minuit s’attarde une nouvelle fois sur le thème de la perte. S’il n’existe pas de plus grande fatalité que la mort d’un proche, le roman ne se complaît pas dans cette disparition. Même si Emma va devoir faire face aux célèbres phases de deuil (déni, culpabilité, colère, dépression, acceptation…), Mon midi mon minuit s’avère être le parcours initiatique de la jeune femme et de tout son entourage. Anna Mc Partlin y narre la manière dont chacun va vivre cette perte, y survivre et en sortir grandi.

C’est drôle, comment tourne le monde, comment nous gagnons et perdons, sans jamais savoir ce qui nous attend alors que nous ne cessons de faire des projets. Comment nous survivons et continuons d’avancer. Une certaine tristesse apparaît avec la survie, mais aussi des bonheurs nouveaux.

Le roman profite d’une large palette de personnages construits et profonds. Chacun y a son rôle à jouer et représente un héros du livre à part entière. Mention spéciale au personnage de Nigel, le frère d’Emma qui est entré dans les ordres et y vit une profonde remise en question. Certains protagonistes et situations sont d’ailleurs si bien amenés que l’on peut regretter qu’ils n’apparaissent pas plus ou qu’elles n’aient pas de suite…

Mon midi mon minuit reste un roman léger malgré le thème abordé. Sa lecture fait naître plusieurs émotions – parfois diamétralement opposées – d’une page à l’autre et chaque lecteur en retirera quelque chose en fonction de son vécu et de sa personnalité.

En librairie le 6 avril 2017 (éditions Cherche Midi).

Demain les chats de Bernard Werber

Demain les chats de Bernard Werber

Chasse au trésor dans les rues de Paris

instagram ivre de livres demain les chats bernard werber éditions albin michel chasse au trésor daphnéeJe vous en ai parlé sur les réseaux sociaux, j’ai obtenu le roman Demain les chats à la suite d’une chasse au trésor organisée par les éditions Albin Michel. Plusieurs livres étaient disséminés et très bien cachés dans les rues de Paris.

Chaque lieu retraçait ainsi un événement-clé de l’histoire de Bastet, l’héroïne féline de Demain les Chats. Une chasse au trésor passionnante malgré la pluie ! Rien de mieux pour donner envie de découvrir un livre qu’une expérience telle que celle-ci !

Les chats, véritables héros d’internet et sauveurs de l’humanité ?

Bastet est une chatte domestiquée qui a accès à tout le confort que son espèce peut espérer. Croquettes à volonté, endroits confortables où se reposer, poisson rouge avec lequel jouer, servante humaine attitrée… Il ne lui manque rien ! Ou presque…

Sa vie prend un tournant lorsqu’elle rencontre son voisin de chatière nommé Pythagore. Ce chat semble différent des autres. Son mimétisme calqué sur celui des bipèdes et un étrange Troisième Œil sur le haut de son crâne en font un chat à part qui éveille la curiosité de Bastet. L’orifice sur sa tête est en fait un port USB par lequel ce dernier a accès à tout le savoir via Internet.

Au même moment le sort de l’Humanité est en train de basculer dans le terrorisme, la guerre, la peste et autres joyeusetés. Paris est ravagé par des incendies, des pillards et des milliers de rats. Et si le dernier espoir que nous avions résidait au cœur de nos foyers ?

Un roman où l’anthropomorphisme est roi

Demain les chats fait ressortir tout l’amour que porte Bernard Werber aux félidés. Les passages sur les chats et leur apport à l’Histoire au fil des siècles sont passionnants et nous rappellent que ces animaux désormais domestiqués n’ont pas toujours eu bonne réputation.

C’est également un roman sur la transmission de la connaissance que ce soit à travers Internet ou les livres. Il souligne l’importance de la culture et des sciences comme terme aux conflits et de ne pas faire les mêmes erreurs que répètent inlassablement les Hommes. Quant à l’anthropomorphisme, il est omniprésent. Les chats perdent leur innocence, leur détachement, leur ignorance qui faisait finalement d’eux des « imbéciles heureux ». Ils finissent par ne plus être des chats mais bien des hommes. De quoi déboussoler les amoureux des chats qui apprécient justement ces traits de caractères non-humains.

Le ventre de Paris d’Emile Zola

Le ventre de Paris d’Emile Zola

Le ventre de Paris est le troisième tome apparaissant dans l’ordre chronologique des Rougon-Macquart, juste après La Curée. L’action se déroule aux Halles centrales de Paris qui viennent d’être construites et sont alors le lieu d’un énorme marché à ciel ouvert.

Les Halles ou Le ventre de Paris

Florent arrive au petit matin de l’année 1858 sous un Paris battu par la pluie. Il est affamé, décharné et ne reconnaît rien de la ville où il a naguère vécu. Et pour cause ! Entre temps, les Halles ont été construites…

Véritable organe vivant, les Halles sont personnifiées, suintantes. Elles mâchent, avalent, digèrent, recrachent toute une population sans discontinuer et cela, dès le lever du soleil. Sa place grouille de monde qui se bouscule, de cris qui invitent à l’achat, d’aliments entreposés tant bien que mal. Car à l’époque – et bien loin de ce qu’on connaît aujourd’hui – les Halles sont un immense marché où la nourriture abonde. C’est ici que viennent se fournir les parisiens, que les marchands de la ville et des campagnes avoisinantes viennent vendre leurs produits.

Les Halles-Léon Augustin Lhermitte
Les Halles par Léon Augustin Lhermitte (1895)

Quasiment sans famille, Florent tombe par hasard sur son frère et la femme de celui-ci qui tiennent une charcuterie non loin de là. Ces derniers l’accueillent et lui offrent gîte et couvert. Florent ne cache pas son passé à ses proches : emprisonné à tort suite à un coup d’Etat, il est déporté dans un bagne de Guyane. Même s’il a réussit à s’enfuir et à rejoindre la capitale, son physique rappelle des souvenirs à certains et il ne fait pas bon être un bagnard échappé (RIP Jean Valjean). Un mensonge est donc inventé, Florent sera désormais un cousin éloigné de sa belle-sœur…

Les gras et les maigres, l’Empire et la Révolution

Le contraste entre la famille Quenu et Florent est saisissant.  Les charcutiers aiment l’Empire, ont un commerce florissant et prospère qu’ils ne veulent perdre pour rien au monde quand Florent rêve de Révolution et de redistribution des richesses… Les Quenu sont de bons vivants gras et roses à l’image des viandes disséminées sur leur comptoir quand Florent lui est un utopiste maigre et discret.

L’apothéose de ce décalage constant s’illustre parfaitement dans la scène de la confection du boudin. Alors que Florent raconte le traumatisme de son évasion, les Quenu préparent leur boudin noir. Ils l’écoutent à peine alors que le jeune homme raconte ses pires souvenirs et errances et un parallèle troublant est fait autour des bêtes qu’on égorge pour en récolter le sang encore chaud.

Cette maigrophobie est aussi ce qui va conduire Florent à sa perte. Pour les parisiens bien en chair, le physique de cet homme est un mystère… Pourquoi quelqu’un qui n’aurait rien à se reprocher reste-t-il aussi maigre malgré toute cette bonne nourriture ingurgitée ? Que fait-il tous les soirs dans la boutique de Monsieur Lebigre connue pour ses réunions révolutionnaires ? Dans un Paris où tout le monde se connaît, Florent est épié, jaugé… Comme souvent avec Zola, on sent venir la fin dramatique pour notre héros mais la question est de savoir qui va le dénoncer ? Au fil des pages, les possibilités augmentent. Tout le monde devient un possible délateur.


Un roman passionnant (autant historiquement que sociologiquement) et dur où les personnages gravitent autour des Halles et de sa nourriture en abondance qui est ici un symbole fort. Nous retrouvons dans Le Ventre de Paris les thèmes de prédilection d’Emile Zola avec cette nouvelle construction apparentée à une sorte de monstre, un héros en marge qui « a eu faim toute sa vie » et qui rompt la tranquillité des petits bourgeois, ces « honnêtes gens ».


 

Chronique d’Une mère d’Alejandro Palomas

Chronique d’Une mère d’Alejandro Palomas

Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Repas de St Sylvestre en Espagne

Si le passage vers une nouvelle année est l’occasion de se réunir en famille autour d’un bon repas, il est également générateur d’angoisses. Qui n’a jamais redouté un repas de famille ? Entre les tensions et les non-dits, il n’est pas toujours facile de passer un bon moment…

Amalia attend cette soirée avec impatience, elle est l’occasion de rassembler les gens qu’elle chérit le plus : ses enfants, leurs compagnons et son frère. L’histoire de cette soirée et les nombreux flash-back nous sont contés à travers les yeux de Fer, le fils et confident attitré de la famille. Ce dernier ne sait que trop bien à quoi s’attendre entre sa sœur Emma qui a dû réapprendre à vivre, l’aînée Silvia qui semble au bord de l’implosion et l’oncle Edouardo toujours plus dans l’excès…

Je sais que Silvia ne pourra pas retenir ses piques ce soir, qu’Emma nous balancera une bombe ou deux et qu’oncle Edouardo torpillera la table avec l’une de ses frasques. Et qu’il faudra recomposer, recoudre et ramasser le verre, la porcelaine et la chair en charpie.

Comme son titre l’indique, Une mère est le portrait d’Amalia, mère de famille mais femme avant tout. Même si elle est résolument tournée vers les problèmes de ses enfants, elle n’en est pas exempte pour autant. Divorcée d’un homme qui l’a malmenée tout au long de sa vie, elle doit composer avec cette nouvelle vie qui est la sienne et réapprendre à vivre seule. Souvent extravagante et à la limite du ridicule nous avons – tout comme ses enfants – du mal à suivre ses raisonnements et il faut bien le dire à la supporter.

Pourtant, les membres de cette famille ont plusieurs faces, comme les vieilles cassettes audio. Cette facette cachée au reste du monde, cette face B est comme une deuxième personnalité aux antipodes de la première que chacun saura révéler lorsqu’on s’y attend le moins.

C’est bien ce qui fait la force d’Une mère : des personnages  authentiques, des personnalités fortes et approfondies. Les dialogues toujours justes ne tombent jamais dans les clichés faciles de ce genre de situations. Alejandro Palomas réussit le pari de nous présenter tout l’éclectisme d’une famille qui n’est finalement pas si éloignée de la nôtre. Les différents membres qu’elle compose se dévoilent au fil des pages et apprennent à se reconstruire, à ne pas avoir peur de vivre. En cela, Une mère est une ode à la vie touchante, qui fera écho en chacun de nous.

 

Bilan de mes lectures du mois de Février

Bilan de mes lectures du mois de Février

Les débuts dans cette lecture peuvent être déroutants si l’on ne connaît pas l’univers de l’autrice. L’histoire peine d’abord à se mettre en place tant l’univers est riche. Une fois les bases posées, l’exercice de style est vraiment intéressant et le tout offre même un nouveau regard sur la saga Harry Potter en la mettant en lumière via un différent point de vue. Carry on est un très bon roman Young Adult, romantique et magique à souhait.

Encore une bande dessinée sur une (quasi) expatriée qui met en avant les anecdotes cocasses d’une ville inconnue me direz-vous ! Cependant il ne s’agit pas (que) de cela et Julia Wertz arriver à insuffler case après case à travers des dessins simples (mais jamais simplistes !) beaucoup d’éléments dans ce roman graphique autobiographique. Une BD très drôle remplie d’humour, de cynisme et d’autodérision dans laquelle chacun saura se reconnaître… Et déculpabiliser !

Bien que ce roman fasse partie de la catégorie Young Adult, dépeigne les vicissitudes de la vie d’une adolescente, passe par la case « bal de promo », il évite bien souvent des mièvreries inutiles. Les personnages sont recherchées, profonds. Une belle palette de personnages secondaires gravite autour d’Amanda et sa relation avec ses parents est touchante et vraie. Un joli roman sur l’acceptation de soi, le pardon et l’amour. Tout n’est pas tout blanc ou noir dans Celle dont j’ai toujours rêvé et c’est ce qui le rend si puissant.

Ankara sonne comme une lettre d’amour destinée au pays de l’auteur. Ce dernier qui a profondément rêvé la capitale turque aurait aimé lui voir prendre l’essor qu’il espérait tant pour elle que pour le pays entier et mettre en branle « l’Orient en marche ». Ecrit il y a plus de 80 ans, son roman nous offre une bonne approche historique de la Turquie mais également du quotidien et espérances de ses habitants.

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