Chronique de Mon ami Dahmer de Derf Backderf

Chronique de Mon ami Dahmer de Derf Backderf

Ma rencontre avec cette BD s’est faite totalement par hasard quand je l’ai piochée à la médiathèque. La couverture m’intriguait et notamment son style graphique dans la pure veine comics. Je n’avais alors aucune idée du sujet et savait seulement qu’il s’agissait d’un coup de cœur des bibliothécaires.

Mon ami Dahmer, jeunesse d’un tueur en série

Ne vous fiez pas au titre de la bande dessinée de Derf Backderf qui évoquerait une belle histoire d’amitié. Si Mon ami Dahmer parle bien des liens qui peuvent se nouer à l’adolescence dans un lycée lambda, son sujet principal est quelque peut différent. Jeff Dahmer, personnage central de l’oeuvre en question deviendra tristement célèbre pour ses futurs meurtres; 17 au total.

Mon ami Dahmer se penche sur l’adolescence du jeune homme et se termine juste avant qu’il ne commette son premier crime. La BD s’attarde sur les causes qui l’ont poussé à devenir ce qu’il est, cherche à comprendre… De fait, elle ne tombe jamais dans la facilité du sensationnalisme et cela est d’autant plus vrai que son auteur a connu Dahmer, a été dans la même classe que lui et on peut alors facilement imaginer les réflexions que cela a entraîné.

Le « cannibale de Milwaukee »

Aujourd’hui, c’est sous ce surnom que nous le connaissons. Dans les années 70, il est un adolescent comme les autres. Effacé, il se fond tout d’abord dans la masse d’un lycée surpeuplé. Il se fera de plus en plus remarquer à travers ses frasques ou dahmerismes (il simule des crises d’épilepsie et singe le discours inarticulé et tics spasmodiques d’une personne atteinte d’infirmité motrice cérébrale) qui lui attireront des « fans ». Il devient une sorte de « héros » qui fait rire son assemblée mais n’a pas pour autant de réel ami. Il reste un enfant « bizarre » et différent des autres qui remarquent son penchant pour l’alcool et sa fascination pour la mort.

mon ami dahmer derf backderf éditions ça et là

Alors, comment a-t-il pu en arriver là ? semble s’interroger Derf Backderf.
Comment un adolescent qui montre des troubles psychologiques évidents n’a-t-il jamais pu avoir accès à de l’aide ? En cela, Mon ami Dahmer soulève des questions pertinentes. Que ce soit à travers son entourage proche (famille, « amis ») ou éloigné (tout le corps enseignant), l’adolescent a toujours été comme transparent.

On ne saura jamais si sa malheureuse notoriété aurait pu être évitée mais ces 200 pages posent la question. Pour Dahmer qui avait déjà de fragiles bases, nous pouvons imaginer que ce sont plusieurs causes qui se sont accumulées jusqu’à le plonger dans l’irrémédiable. Mais alors, combien de jeunes gens sont perdus de la sorte, manquent d’encadrement, de structure familiale ou tout simplement d’une oreille attentive ? S’ils sont une minorité à franchir le pas d’une vie faite de crimes, c’est bien le « système sociétal » qui est mis en cause.

Mon ami Dahmer laisse également transparaître l’effroi d’adolescents qui apprennent à se construire et prennent tout à coup conscience qu’il peut exister des êtres mus par de telles pulsions et parfois même sur les bancs de la même école qu’eux.

Un témoignage de longue haleine

mon ami dahmer derf backderf éditions ça et làAu total, il aura fallu à son auteur 20 ans pour être satisfait de Mon ami Dahmer. Pourquoi tant de temps ? Backderf a dû faire face à ses propres démons et décider de ce qu’il ferait de ses propres souvenirs, de son propre rôle dans cette histoire. Au départ, il s’agissait d’une histoire courte de huit pages qui a ensuite bien évolué. Plusieurs versions ont vu le jour, dont certaines auto éditées et la bande dessinée a tout de suite connu un succès retentissant, allant jusqu’à être nominé pour un Eisner Award.

Il a tout de même repris le tout, a rassemblé ses souvenirs et s’est lancé dans des recherches approfondies. Car Derf Backderf n’a pas fait que retranscrire des souvenirs un peu effacés par le temps mais s’est appuyé sur divers témoignages. Celui du père de Dahmer (dans son livre intitulé A Father’s Story), d’anciens camarades et professeurs, d’entretiens entre Dahmer et des psychologues et enquêteurs ou encore des dossiers du FBI.

En l’état, Backderf est satisfait de ce qu’il a réussi à faire avec Mon ami Dahmer, ouvrage qui lui était nécessaire et cathartique. Une adaptation cinématographique a d’ailleurs été tournée et présentée en sélection officielle du Festival de Deauville qui s’est tenu ce mois-ci.

C’est le grand final d’une vie gâchée et le résultat en est atrocement déprimant… L’histoire d’une vie misérable, pathétique et malsaine, rien de plus.

  • Jeff Dahmer
Chronique de Patience de Daniel Clowes

Chronique de Patience de Daniel Clowes

Il aura fallu attendre cinq années pour enfin mettre la main sur le dernier roman graphique de Daniel Clowes. Puisque la patience paie toujours, voici… Patience, le nouveau chef d’oeuvre de l’auteur américain, véritable touche à tout qui voit d’ailleurs en ce moment l’adaptation de sa BD Wilson portée sur grand écran.

Ce n’est plus un secret, Daniel Clowes est l’un de mes auteurs préférés en ce qui concerne les comics. Je vous parlais d’ailleurs déjà ici de Ghost World et du Rayon de la mort. Le pavé de près de 180 planches colorisées qu’est Patience rejoint – en toute objectivité, donc – en bonne place les étagères de ma bédéthèque. Je tiens aussi à saluer le travail exemplaire des Éditions Cornélius sur ses parutions (j’attends avec impatience la réédition d’Eightball !).

Faille spatio-temporelle

Patience est dense, très dense. Et pour cause ! Nous voyageons à travers plusieurs époques, faisant des allers-retours entre 1985, 2006, 2012 et 2029.

En 2012, Jack Barlow retrouve Patience, sa petite amie gisant sur le sol de leur appartement. Hanté par ce meurtre jamais élucidé, Jack vit avec ses remords et sa culpabilité… Jusqu’au jour où il entend parler d’une machine à remonter le temps qui aurait été construite. Sa morne vie laisse place à une envie de justice, de vengeance. Mais changer le cours des choses n’est pas aisé et il faut prendre garde à l’effet papillon

patience daniel clowes éditions cornélius

Comme d’habitude chez Clowes, nous faisons la connaissance de personnages en marge de la société, des losers plutôt banals. Et Jack ne fait pas exception, il est loin d’être le héros fantasmé des récits de science-fiction et d’amour. Car oui, Patience est avant tout une véritable histoire d’amour. Mais cette fois encore, son auteur nous évite les clichés et nous emmène là où on ne s’y attend pas.

Jack n’est pas vraiment un héros donc, et il n’est d’ailleurs pas toujours montré de manière sympathique… Et pourtant, plus les pages se tournent et plus l’empathie est réelle. Nous avons envie qu’il sauve l’amour de sa vie, qu’il trouve enfin la paix. D’autant plus que le couple reste ce qui se fait de mieux en terme d’humanité dans Patience !

La mise en scène quant à elle est totalement maîtrisée : le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. D’une part parce que nous voyageons sans cesse dans l’espace-temps, qu’il nous faut rattraper les instants que nous avons ratés, reconstruire l’histoire, se mettre sans cesse au parfum, d’autre part parce que Clowes mêle différents points de vue à son histoire. C’est ainsi que nous nous plaçons à un moment donné du côté de la fameuse Patience. Une BD ambitieuse pour une lecture totalement prenante ! Si Patience est un peu différente du travail que nous a offert Daniel Clowes jusque là, elle peut peut-être augurer un tournant dans la carrière de l’auteur.

Intempérie de Javi Rey

Intempérie de Javi Rey

Intempérie est un roman graphique publié chez Dupuis dans sa collection Aire Libre. Il est l’adaptation éponyme du roman de Jesús Carrasco paru en 2013 et qui avait alors obtenu le prix du meilleur roman de langue espagnole en 2013.

D’une fugue à la fuite

Javi Rey nous fait (re)découvrir ici l’histoire d’un jeune garçon qui a fuit un entourage violent avant de trouver refuge auprès d’un vieux chevrier solitaire et bourru. Les deux hommes vont s’apprivoiser et lier une relation hors du commun. Fuyant vers le nord accompagnés du troupeau, la survie est le mot d’ordre. Il faut trouver de l’eau, de quoi manger et ne jamais rester sur place, d’autant plus qu’ils sont poursuivis par l’alguazil (le nom que portaient en Espagne les agents de police qui remplissaient à la fois les fonctions d’huissier, de sergent de ville et de gendarme) et ses sbires.

Ne vous fiez pas à ce pitch somme toute classique, Intempérie est tout sauf banal ! L’oeuvre dans sa globalité dégage une véritable force où tous les sens sont mis à contribution.

Le travail sur la couleur est parfois déroutant tant il arrive à nous transporter entre deux états. D’une part celui où ses couleurs nous font ressentir le soleil sur notre peau, entendre le chant des cigales et sentir les odeurs de terre sèche. D’autre part l’atmosphère âpre des flash-back et cauchemars, froide à nous glacer le sang.

intemperie javy rey

Les premières illustrations qui s’offrent à nous sont celles de la mort et elle ne nous quittera plus par la suite. Elle se trouve partout : sur chaque visage, dans chaque lieu, dans ses paysages inhospitaliers, terres arides où rien ne pousse ni ne subsiste. Le jeune garçon lui-même semble sans âge et erre entre la réalité et ses cauchemars, son jeune âge et la fin de son innocence…

L’histoire est d’une violence inouïe mais la mise en scène n’en demeure pas moins emplie de pudeur et sait prendre de la distance lorsque nécessaire. À l’image du chevrier taiseux, Intempérie comporte peu de textes et dialogues et ils se savourent alors d’autant plus. Une vraie belle réussite qui donne envie de découvrir le travail de Jesús Carrasco.

Dernières lectures BD : coups de cœur et déceptions

Dernières lectures BD : coups de cœur et déceptions

Je reprends du service après presque un mois d’absence. Un mois qui ne s’est pas fait sans lectures BD puisque j’en ai lues plus d’une vingtaine ! Stage en bibliothèque oblige, l’offre et la tentation étaient bien trop grandes… À mon plus grand bonheur ! Retour sur mes albums coups de cœur mais aussi quelques déceptions…


Le perroquet Espé GlénatLe perroquet, Espé 

Glénat (2017)

Le perroquet est narré d’après le point de vue et le vécu de Bastien lorsqu’il avait 8 ans. Il y raconte son quotidien, différent de celui des autres garçons puisque sa maman souffre de troubles bipolaires à tendance schizophrénique. Dessins et couleurs participent à la retranscription de cette enfance partagée entre moments de tendresse et de détresse. On termine cette lecture avec la chair de poule et les larmes aux yeux.


Polina Bastien Vivès Casterman Polina, Bastien Vivès 

Casterman (2011)

La petite Polina s’apprête à passer une audition dans une des écoles les plus prestigieuses de danse classique. Malgré une performance en demi teinte, elle sera acceptée et prise en main par le professeur Bojinski, aussi craint que respecté. Dans un milieu artistique très rigoureux, Polina devra faire ses propres expériences et choix. Un parcours initiatique tout en mouvements et douceur grâce à la maestria de Bastien Vivès.


Habibi Craig Thompson CastermanHabibi, Craig Thompson 

Casterman (2011)

Dodola et Zam sont deux enfants esclaves qui vont se rencontrer, s’échapper et vivre ensemble à l’abri des regards dans un désert pollué du moyen-orient. Si jeunes et possédant déjà un passé tragique, ils vont malheureusement finir par être séparés. Ils vont devoir traverser beaucoup d’épreuves avant de pouvoir espérer être réunis. Habibi mêle à sa trame principale de nombreux contes, paraboles religieuses et sourates du coran qui servent le récit.  Ce roman graphique aborde de nombreux thèmes passionnants comme la représentation et la place réservées aux femmes, la question environnementale et un questionnement spirituel. Ne soyez pas impressionné par ce pavé de plus de 600 pages car chaque chose a sa place et le tout se lit d’une traite.


Dans la forêt sombre et mystérieuse Winshluss GallimardDans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss 

Gallimard (2016)

La nouvelle vient de tomber : la grand-mère d’Angelo est très malade et il faut vite aller lui rendre visite. Toute la famille embarque dans la voiture familiale mais Angelo est oublié sur une aire d’autoroute… Le petit garçon ne se laisse par abattre et décider de se rendre à destination en coupant à travers la forêt où il rencontre créatures et personnages plus atypiques les uns que les autres. Le périple ce transforme en Aventure avec un grand A. Chaque page est bourrée d’humour et de situations décalées jusqu’à sa surprenante happy end.


7ème étage Asa Grennvall L'Agrume7ème étage, Åsa Grennvall 

L’Agrume (2013)

Åsa intègre une école d’art où elle ne tarde pas à se faire des amis. Sa personnalité et son style biens à elle la font se fondre à merveille dans ce nouvel environnement. Tout lui sourit jusqu’à ce garçon parfait qui s’intéresse à elle. Peu à peu, l’idylle va pourtant se transformer en cauchemar jusqu’à l’irréparable. Glaçant, ce récit écrit comme un journal intime est porté par son autrice qui a fait et continue de faire preuve de beaucoup de courage en nous partageant son vécu.


Jean Doux et le mystère de la disquette molle Philippe Valette DelcourtJean Doux et le mystère de la disquette molle, Philippe Valette 

Delcourt (2016)

Après l’inénarrable Georges Clooney, Philippe Valette fait son grand retour. Plongée dans les années 80 au cœur d’une entreprise spécialisée dans les broyeuses à papier. Notre héros Jean Doux arrive malencontreusement en retard  à une réunion très importante. Las du quotidien de la vie de bureau, il part s’échapper quelques instants dans un local abandonné. Là, il tombe sur une disquette molle, vestige d’un temps révolu qui semble détenir de sombres secrets. S’ensuit alors une enquête pour tenter de sauver l’entreprise. Drôle, décapant, j’espère retrouver un jour Jean Doux pour de nouvelles aventures !


Le singe de Hartlepool Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau DelcourtLe singe de Hartlepool, Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau 

Delcourt (2012)

Début du 19ème siècle durant les guerres napoléoniennes, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Seul survivant : un chimpanzé arraché à sa famille et devenu animal de compagnie de l’équipage. Attifé comme un français, son uniforme tricolore semble tromper tout le monde jusqu’aux habitants de la ville d’Angleterre qui, au fond, n’ont jamais vu de français… Il est décidé d’en faire un exemple, le singe est alors écroué et traîné en justice. Légende du folklore anglais, Le Singe de Hartlepool fait état de la folie des hommes et de la guerre.


Aya de Yopougon Marguerite Abouet et Clément Oubrerie GallimardAya de Yopougon, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie 

Gallimard (2005)

Côte d’Ivoire, 1978. Aya a dix-neuf ans et vit à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan. Élève sérieuse se concentrant sur ses études, elle veut un avenir différent des autres. Son rêve ? Devenir médecin pour échappper à la fameuse série C : coiffure, couture et chasse au mari qui semble toucher de plus en plus ses amies. Toute une galerie de personnages et de nombreux thèmes sont abordés dans Aya de Yopougon rendant cette série riche et pleine d’espoirs.


L'adoption Zidrou et Arno MoninBamboo ÉditionL’adoption, Zidrou et Arno Monin 

Bamboo Éditions (2016)

Qinaya est une petite orpheline péruvienne de 4 ans. Adoptée par une famille française, elle va chambouler le quotidien de toute une famille et surtout Gabriel, le « papy ronchon » qui va devoir apprendre à devenir grand-père. Si le tout est touchant, la fin apporte vraiment un autre souffle au récit dont on a envie de lire la suite. Suite qui paraît d’ailleurs dans quelques jours…


Les rêveries d'un gourmet solitaire Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi CastermanLes rêveries d’un gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi 

Casterman (2016)

Le Japon et la gastronomie : une grande histoire d’amour ! Cette ouvrage et la réussite qui l’entoure en sont l’exemple criant. Entre deux rendez-vous et voyages d’affaire, tous les prétextes sont bons pour notre gourmet solitaire affamé de découvrir un petit restaurant japonais. Une BD qui mêle découvertes culinaires donc mais également culture japonaise. À lire le ventre plein.


Dans la peau d'un jeune homo Hugues Barthe HachetteDans la peau d’un jeune homo, Hugues Barthe 

Hachette (2006)

Hugo a 14 ans et se sent plus attiré par les hommes. Âge ingrat oblige, son corps change, ses envies se précisent, la pression sociale se fait de plus en plus forte. Mais voilà, il ne sait pas à qui en parler : ses camarades de classe sont si différents et son frère à l’exact opposé de lui… Est-ce une passade ? Suis-je normal ? Autant de questionnement par lesquels Hugo va passer jusqu’à accepter et faire son coming-out. Une BD sans prétention écrite comme un guide ou un journal intime où Hugues Barthe nous fait preuve de sa propre expérience adolescente.


Amitié étroite Bastien Vivès CastermanAmitié étroite, Bastien Vivès 

Casterman (2009)

Francesca et Bruno partagent un lien d’amitié très fort que peu comprennent. A l’opposé l’un de l’autre ils ressentent pourtant ce besoin irrépressible de se voir régulièrement. Pourtant, lorsque Bruno entame une histoire d’amour, Francesca vit mal la situation et remet en question les sentiments qu’elle éprouve pour son ami. Relation ambiguë qui se mue peu à peu en amour sincère, Bastien Vivès décrit avec justesse cette histoire naissante tout en tendresse.


L'enterrement de mes ex Gauthier 6 Pieds Sous TerreL’enterrement de mes ex, Gauthier 

6 Pieds Sous Terre (2015)

Le premier émoi télévisuel de Charlotte se fait à travers Jane, dans Jane et Serge. Elle s’inscrit alors au volley pour partager la sueur et les douches de ses camarades. Déjà, elle se sent différente des autres. Elle tisse des amitiés étroites avec quelques filles et ne comprend pas toujours les sentiments qui l’habitent. De l’amitié à l’amour, le pas est vite franchi et ses premières déceptions sentimentales ne se font pas attendre. Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’expérience mais bien de réels sentiments. Partagé entre plusieurs chapitres qui représentent des périodes charnières, nous suivons Charlotte jusqu’à l’âge adulte à travers expériences et découverte de soi.


 

Jane, le renard & moi Fanny Britt et Isabelle Arsenault La PastèqueJane, le renard & moi, Fanny Britt et Isabelle Arsenault 

La Pastèque (2013)

Nous découvrons Hélène en pleine période sombre. Rejetée par ses camarades, elle se retrouve seule à l’école. En plus, elle n’aime plus vraiment son corps… Elle se réfugie alors dans le monde de Jane Eyre dont la lecture l’aide à s’échapper pour quelques instants…

Un roman graphique tout en poésie qui aborde le thème du harcèlement scolaire. Les illustrations d’Isabelle Arsenault sont un must !


Idéal standard Aude Picault DargaudIdéal standard, Aude Picault 

Dargaud (2017)

Alors qu’elle vient de passer la barre fatidique des 30 ans, Claire est toujours célibataire. Autour d’elle, ses amies sont en couple, mariées et parfois déjà mères. Et ce n’est pas à son travail en néonatalogie que la pression sociale diminue. En rencontrant Franck, elle veut se persuader que cette fois c’est le bon, qu’elle va pouvoir construire quelque chose de solide. Mais entre attentes et réalités, le fossé est parfois énorme

Loin des clichés des célibattantes, Idéal standard est réaliste et aborde des thèmes importants tels que l’accomplissement personnel, le couple, le désir, l’indépendance…


Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill Jean Regnaud et Emile Bravo GallimardMa maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, Jean Regnaud et Emile Bravo 

Gallimard (2007)

C’est la panique pour Jean alors qu’à la rentrée des classes, l’institutrice demande la profession des parents. Son père est patron ça il en est sûr mais sa mère ? Il ne sait quasiment rien d’elle et pour éviter d’être différent, il va inventer. Elle sera secrétaire, après tout, pourquoi pas ? Cela fait si longtemps qu’il ne l’a pas vue. Mais elle va bientôt revenir, elle est en Amérique et lui envoie des cartes que lui lit sa voisine… Une jolie BD pour aborder en douceur la perte.


L'apocalypse selon Magda Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel DelcourtL’apocalypse selon Magda, Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel 

Delcourt (2016)

L’apocalypse annoncée il y a un an n’aura finalement pas lieu. Alors que l’humanité entière se réjouit de cette nouvelle, Magda 14 ans, est dévastée. Pour comprendre sa réaction il faut revenir quelques mois en arrière. Magda a trop peu vécu, expérimenté, elle ne peut et ne veut pas mourir vierge de toutes expériences. Elle n’est pas la seule à décider alors d’embrasser la vie et tout ce qui s’offre à elle, vite, trop vite peut-être…


Conduite interdite Chloé Wary SteinkisConduite interdite, Chloé Wary 

Steinkis (2017)

Nour rentre en Arabie Saoudite après avoir passé 5 ans à Londres. Elle trouve son pays natal bien rétrograde sur la question féminine par rapport à l’Angleterre où elle a pu y être libre et étudier ce qu’elle souhaitait. Elle souffre de cette contradiction : elle aime son pays mais ne peut s’y accomplir. Conduite interdite est l’histoire vraie d’un collectif de femmes qui en 1990, a pris le volant dans un pays qui interdit aux femmes de conduire. Si cette BD a à priori tout pour me plaire elle évoque trop rapidement des sujets importants et aurait mérité d’être bien plus approfondie.


Facteur pour femmes Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice Bamboo ÉditionFacteur pour femmes, Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice 

Bamboo Éditions (2015)

La Première Guerre mondiale éclate et vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux, les femmes… et les infirmes. Maël, en plus d’un pied-bot, est jugé simple d’esprit par les habitants de l’île. Pour cela, il n’est pas mobilisé mais devient le facteur attitré. Sa tâche consiste à livrer aux femmes les lettres de leurs hommes partis au front. Seul homme vigoureux, il devient très vite le confident et l’amant de ces femmes qui se sentent bien seules. Difficile de s’attacher au personnage principal, ce Maël qui est repoussant dans bon nombre de ses actes…


Tu sais ce qu'on raconte Gilles Rochier et Daniel Casanave WarumTu sais ce qu’on raconte, Gilles Rochier et Daniel

Warum (2017)

Tu sais ce qu’on raconte, c’est l’histoire d’une rumeur qui enfle et est reprise par tous les habitants du village… À tel point qu’on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Le procédé, la construction et le postulat sont louables mais l’ensemble reste tout de même anecdotique et ne fait pas de cette BD un ouvrage à lire et relire.


 

La favorite de Matthias Lehmann

La favorite de Matthias Lehmann

Dans La favorite de Matthias Lehmann (publiée chez Actes Sud), le ton est donné dès la première page. On y aperçoit Constance, une petite fille à l’allure terrorisée que surplombe une grand-mère plus proche de la sorcière que de la parente pétrie de douceur… Ses parents, elles ne les connaît pas. Ils seraient morts dans un accident quelconque. Élevée par ses grands-parents dans un château de la Brie, Constance n’a jamais été autorisée à sortir de la propriété. C’est sa grand-mère qui lui fait la classe et bien souvent elle est punie de manière plus que sévère. Le grand-père est plus affable bien que couard et consent par ses silences.

Différente et sciemment mise à l’écart, Constance ne se laisse pas pour autant abattre et continue – dès que le moment s’y prête – ses jeux d’enfant. Noirette la chatte du jardin l’accompagne dans ses aventures solitaires jusqu’à l’arrivée du nouveau personnel qui pourrait bien tout changer dans le quotidien cauchemardesque de l’enfant…

la favorite matthias lehmann actes sud bd bande dessinéeUne bande dessinée dont j’aurais aimé vous parler en long, en large et en travers. Il est cependant difficile de trop vous en parler sans gâcher tout la surprise et le plaisir liés à cette découverte bédéesque. Les illustrations pareilles à des gravures toutes en monochromie sont superbes et en accord parfait avec l’histoire qu’elles racontent. Le tout offre une sorte de mélange détonnant entre le graphisme sombre d’un Charles Burns et l’atmosphère onirique de l’enfance d’un Guillaume Bianco… Une réussite !


 

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude a remporté (entre autres) le Prix du public Fnac-SNCF lors du Festival d’Angoulême en 2011. En 2013, il a été porté à l’écran par Abdellatif Kechiche dans La vie d’Adèle qui a reçu la Palme d’or du Festival de Cannes. Cette adaptation est librement adaptée de la bande dessinée de Julie Maroh.

Clémentine et Emma

Le tragique de l’histoire s’affirme dès les premières pages. Emma vient passer une nuit chez sa compagne décédée. Clémentine lui a légué son premier journal intime qu’elle avait reçu à ses 15 ans. L’occasion pour nous lecteurs de découvrir la genèse de ce lien entre les deux jeunes femmes.

Clémentine est au lycée où elle va bientôt passer son bac. Élève studieuse tout semble lui réussir : elle est entourée de tout un groupe d’amis et un garçon plus âgé s’intéresse à elle. Ce dernier s’appelle Thomas et va devenir son petit ami.  Si tout semble bien se passer entre eux, Clémentine n’arrive pas à être tout à fait à l’aise. Un jour, elle croise une femme à la chevelure bleue… Cette rencontre est une révélation pour Clémentine. La femme aux cheveux bleus ne va dès lors plus quitter ses pensées et son inconscient. En effet, les premiers rêves érotiques apparaissent et avec eux la culpabilité. « Je suis une fille. Une fille doit sortir avec des garçons ».

Clémentine qui a finalement tout à apprendre de l’amour va subir le rejet des autres. Ce premier amour sera teinté d’amertume puisqu’elle va devoir faire face à l’homophobie ambiante, s’accepter et avoir la force de vivre cet amour au grand jour.

le bleu est une couleur chaude julie maroh éditions glénat bdLes personnages d’Emma et Clémentine sont inspirants. On ne peut qu’admirer la façon dont elles vivent (chacune différemment) cet amour, cette fierté de la différence. Chaque planche est totalement maîtrisée pour un rendu graphique éblouissant où la couleur est utilisée avec parcimonie et prend ici tout son sens (le fameux bleu d’Emma, cette couleur chaude). Chaque émotion est très bien retranscrite et rend les personnages très expressifs. Le bleu est une couleur chaude est avant tout une formidable histoire d’amour où le tragique se trouve mêlé à la douceur.

 

Whiskey and New York de Julia Wertz

Whiskey and New York de Julia Wertz

Whiskey and New York (aux éditions L’Agrume) raconte l’année où Julia Wertz a quitté San Francisco pour la ville de New York. Case après case, l’auteure nous fait visiter quatre appartements douteux, se fait virer de sept petit boulots, gère des drames familiaux et survit aux élections présidentielles. Tout ça aidée de beaucoup, beaucoup d’alcool…

Gnôle et Big Apple

Partir de la côte ouest à la côte est est tout un programme auquel elle ne s’était pas totalement préparée. Il faut dire qu’elle part un peu sur un coup de tête alors que tout semble stagner dans sa vie. Ce voyage s’avère donc une véritable plongée dans l’inconnu : nouvelles architectures, personnes totalement différentes… Même le climat y est inattendu !

whiskey and new york julia wertz bd bande dessinée comics ny éditions l'agrumeEncore une bande dessinée sur une (quasi) expatriée qui met en avant les anecdotes cocasses d’une ville inconnue me direz-vous ! Cependant il ne s’agit pas (que) de cela et Julia Wertz arriver à insuffler case après case à travers des dessins simples (mais jamais simplistes !) beaucoup d’éléments dans ce roman graphique autobiographique.
Une BD très drôle remplie d’humour, de cynisme et d’autodérision dans laquelle chacun saura se reconnaître… Et déculpabiliser !


 

Culottées tome 2 de Pénélope Bagieu

Culottées tome 2 de Pénélope Bagieu

Paru le 26 janvier dernier aux éditions Gallimard, Culottées 2 est le second (et dernier) tome des portraits de femmes racontées par Pénélope Bagieu.

Je vous avais déjà fait part ici-même de mon amour pour le premier tome des Culottées et de ma rencontre avec Pénélope Bagieu. De Temple Grandin (ma préférée) s’impliquant pour la défense du bien-être animal à Nelly Blye pionnière du journalisme d’investigation en passant par Mae Jemison astronaute et première rôle d’astronaute réelle à apparaître dans Star Trek, ce tome 2 nous offre 15 portraits de « femmes qui ne font que ce qu’elles veulent ».

mae jamison astronaute star trek pénélope bagieu culottees 2 éditions gallimard

Culottées 2 nous permet donc de découvrir encore plus de femmes méconnues et qui pourtant devraient résider dans les manuels scolaires. Il est touchant de découvrir dans ces portraits la place importante des mères. Certaines de ces femmes ont en effet su compter sur le soutien et l’amour indéfectibles d’une mère qui les a poussé à s’accomplir.

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

Je finirai pompeusement avec cette citation de Simone de Beauvoir plus que jamais d’actualité et dont les portraits de Pénélope Bagieu font l’écho. Culottées 2 nous fait prendre conscience du combat mené par les femmes partout dans le monde, combat qui ne cessera d’être et nous donne envie de faire bouger les choses, de nous battre pour nos droits acquis ou non.


Les héroïnes de Pénélope Bagieu ne connaissent pas de frontières et nous rendent fières d’être des femmes, nous rebooste et nous rappelle que dans chaque femme réside une force incommensurable. Aussi bon que le premier tome, Culottées 2 est une BD à lire et à offrir de toute urgence.

Elle s’appelait Tomoji de Jirô Taniguchi

Elle s’appelait Tomoji de Jirô Taniguchi

Elle s’appelait Tomoji est un manga de Jirô Taniguchi publié en France en 2015 aux éditions Rue de Sèvres. Séduite par Quartier Lointain, j’avais très envie d’en découvrir plus sur l’oeuvre du célèbre mangaka. Conformément à la prépublication en magazine au Japon, les premières et dernières pages de chaque chapitre sont en couleur et le reste en noir et blanc. Un entretien avec son auteur est d’ailleurs visible à la fin du manga et qui parle de la genèse de la réalisation de ce dernier.


elle s'appelait tomoji jiro taniguchi éditions rue de sevres montagnes japon

 

L’histoire débute en 1925, an 14 de l’ère Taishô (1912-1926), revient en 1912 (dernière année de l’ère Meiji) pour se terminer en avril 1932, an 7 de l’ère Shôwa. Elle se concentre sur la vie et la rencontre de deux adolescents : Tomoji Uchida et son cousin Fumiaki Itô. Tomoji grandit dans la campagne japonaise au nord du mont Fuji et travaille beaucoup afin d’aider sa famille tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo.

Elle s’appelait Tomoji : genèse du manga

Taniguchi et sa femme fréquentent un temple bouddhiste de la région de Tokyo depuis plusieurs années jusqu’au point de se lier avec les personnes qui animent et font vivre ce lieu. Fort de sa renommée, une commande est passée au mangaka. Son but ? Celui de faire connaître la vie de la fondatrice du temple qui n’est autre que Tomoji. Pour cela, il est décidé que la bande-dessinée serait un bon moyen de la faire découvrir au plus grand nombre, la pratique de la lecture traditionnelle étant alors en recul. Taniguchi accepte à condition que cela soit fait à sa façon.

elle s'appelait tomoji jiro taniguchi éditions rue de sevres montagnes japon

En effet, cela ne l’intéresse pas de s’atteler à l’écriture et au dessin d’une biographie pure et dure. Ce qui intéresse Taniguchi ce sont tous les petits détails d’une vie qui font le destin de cette femme. Pour se faire, il s’entoure de Miwako Ogihara qui est scénariste pour la télévision. C’est une grande première pour Taniguchi de mettre au cœur de son histoire un personnage principal féminin. Elle s’appelait Tomoji est donc basée sur des personnages ayant existé mais l’histoire est fictionnelle.

Le traitement temporel est également très intéressant puisque Taniguchi a choisi de s’intéresser à la vie de Tomoji avant la fondation du temple bouddhiste (tout comme Pénélope Bagieu avait choisit de quitter son héroïne avant qu’elle soit connue dans California Dreamin) et utilise le flash-back. Un choix qui s’explique par le fait que ce dernier souhaitait privilégier le parcours de la vie qui a façonné la personnalité de la jeune femme jusqu’à son choix de s’orienter vers la voie de la spiritualité.

Un vrai travail a été réalisé en amont afin de décrire au mieux les paysages ruraux de l’époque ainsi que les personnes y vivant.

Je me suis rendu dans la région de Yamanashi, afin de m’en représenter correctement la géographie et l’histoire. On sent bien que la population de ce Japon vieillit. Il n’est pas certain qu’il puisse se perpétuer encore longtemps.

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Elle s’appelait Tomoji nous fait traverser les époques à travers son héroïne qui passe de l’enfance à l’âge adulte. Un travail d’écriture intéressant puisqu’il mêle biographie, faits historiques et éléments fictionnels. Ce manga dresse le portrait d’une « femme tranquille et déterminée » dans « un Japon en voie de disparition » de l’entre deux guerres. On y retrouve ce qui fait la force et l’attrait du mangaka : une nature magnifiée, l’accent mis sur l’enfance, l’importance de la famille et bien sûr le destin et les hasards de la vie…


Culottées Tome 1 de Pénélope Bagieu

Culottées Tome 1 de Pénélope Bagieu

Culottées rend hommage aux femmes qui ont marqué l’Histoire par leur caractère, leur personnalité, leurs actions, leur art, etc. Condensées en une bande dessinée sortie en septembre dernier, Pénélope Bagieu nous livre les mini-biographies de femmes aussi courageuses qu’inspirantes. J’ai eu la chance de trouver le premier tome sous le sapin, j’avais très envie de découvrir ce nouveau travail de l’auteure après avoir adoré sa biographie de Mama Cass dans California Dreamin.

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Pénélope Bagieu, auteure des Culottées

Une femme, une histoire

Dans Culottées, nous découvrons les portraits d’Agnodice, gynécologue dans la Grèce antique qui va se travestir afin de pouvoir exercer son métier, de Christine Jorgensen, première personne à avoir subi une opération chirurgicale de réassignation sexuelle, de Tove Jansson, créatrice des Moumines et de 12 autres femmes.

Si le fond est admirable la forme n’est quant à elle pas en reste. Les photos ne rendent malheureusement pas justice à la magnifique couverture aux reflets brillants ! A l’intérieur et entre chaque biographie, une double page d’illustration aux couleurs flamboyantes dépeint l’univers des Culottées.

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La double page d’illustration concernant Joséphine Baker

Chaque histoire est relativement courte, Pénélope Bagieu va à l’essentiel et nous offre un résumé de la vie de chaque femme en nous donnant toujours l’envie d’en savoir plus. S’il est parfois frustrant de quitter aussi vite une personnalité à laquelle on s’est attaché, le besoin de faire ses recherches en parallèle est inévitable.

Ce qui m’intéressait, ce n’était pas forcément de rentrer dans le détail de la vie de chacune d’entre elles, mais de faire apparaître un fil rouge. Ce sont des destins qui me touchent et qui m’inspirent. Ces femmes ont rencontré l’adversité, elles ont subi la pression familiale et ont été confrontées pour beaucoup d’entre elles à l’impossibilité de faire des études. Mais elles ont toujours trouvé des plans B pour réussir à prendre leur destin en main et finir par faire ce qu’elles voulaient. J’ai essayé de montrer la diversité de leurs histoires, en piochant dans toutes les époques et dans toutes les cultures, mais avec les mêmes constantes. (source : Nouvel Obs)

L’auteure nous donne les outils qui nous permettent de nous imprégner de ces histoires et c’est comme si elle nous passait le relais. A nous de raconter ces femmes, à nous de les transmettre. A l’instar des contes, ces chapitres deviennent alors aussi importants pour la mémoire collective. Ou en tout cas une mémoire que l’on déciderait de se construire, là où l’Histoire enseignée comporte des lacunes.


joséphine baker dans les culottées tome 1 de pénélope bagieu aux éditions gallimardUn très bel objet aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur. On y retrouve l’humour de Pénélope Bagieu et on sent qu’elle a mis beaucoup de sa personne dans cet album, l’admiration qu’elle voue à ces femmes y étant palpable ! Finalement il ne reste que peu de temps à attendre le retour des Culottées puisque le tome 2 est prévu pour le 26 janvier prochain, toujours aux éditions Gallimard ! Mais pour celles et ceux qui ne pourraient pas attendre les planches sont disponibles sur le blog Culottées hébergé par le Monde.