Dernières lectures BD : coups de cœur et déceptions

Dernières lectures BD : coups de cœur et déceptions

Je reprends du service après presque un mois d’absence. Un mois qui ne s’est pas fait sans lectures BD puisque j’en ai lues plus d’une vingtaine ! Stage en bibliothèque oblige, l’offre et la tentation étaient bien trop grandes… À mon plus grand bonheur ! Retour sur mes albums coups de cœur mais aussi quelques déceptions…


Le perroquet Espé GlénatLe perroquet, Espé 

Glénat (2017)

Le perroquet est narré d’après le point de vue et le vécu de Bastien lorsqu’il avait 8 ans. Il y raconte son quotidien, différent de celui des autres garçons puisque sa maman souffre de troubles bipolaires à tendance schizophrénique. Dessins et couleurs participent à la retranscription de cette enfance partagée entre moments de tendresse et de détresse. On termine cette lecture avec la chair de poule et les larmes aux yeux.


Polina Bastien Vivès Casterman Polina, Bastien Vivès 

Casterman (2011)

La petite Polina s’apprête à passer une audition dans une des écoles les plus prestigieuses de danse classique. Malgré une performance en demi teinte, elle sera acceptée et prise en main par le professeur Bojinski, aussi craint que respecté. Dans un milieu artistique très rigoureux, Polina devra faire ses propres expériences et choix. Un parcours initiatique tout en mouvements et douceur grâce à la maestria de Bastien Vivès.


Habibi Craig Thompson CastermanHabibi, Craig Thompson 

Casterman (2011)

Dodola et Zam sont deux enfants esclaves qui vont se rencontrer, s’échapper et vivre ensemble à l’abri des regards dans un désert pollué du moyen-orient. Si jeunes et possédant déjà un passé tragique, ils vont malheureusement finir par être séparés. Ils vont devoir traverser beaucoup d’épreuves avant de pouvoir espérer être réunis. Habibi mêle à sa trame principale de nombreux contes, paraboles religieuses et sourates du coran qui servent le récit.  Ce roman graphique aborde de nombreux thèmes passionnants comme la représentation et la place réservées aux femmes, la question environnementale et un questionnement spirituel. Ne soyez pas impressionné par ce pavé de plus de 600 pages car chaque chose a sa place et le tout se lit d’une traite.


Dans la forêt sombre et mystérieuse Winshluss GallimardDans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss 

Gallimard (2016)

La nouvelle vient de tomber : la grand-mère d’Angelo est très malade et il faut vite aller lui rendre visite. Toute la famille embarque dans la voiture familiale mais Angelo est oublié sur une aire d’autoroute… Le petit garçon ne se laisse par abattre et décider de se rendre à destination en coupant à travers la forêt où il rencontre créatures et personnages plus atypiques les uns que les autres. Le périple ce transforme en Aventure avec un grand A. Chaque page est bourrée d’humour et de situations décalées jusqu’à sa surprenante happy end.


7ème étage Asa Grennvall L'Agrume7ème étage, Åsa Grennvall 

L’Agrume (2013)

Åsa intègre une école d’art où elle ne tarde pas à se faire des amis. Sa personnalité et son style biens à elle la font se fondre à merveille dans ce nouvel environnement. Tout lui sourit jusqu’à ce garçon parfait qui s’intéresse à elle. Peu à peu, l’idylle va pourtant se transformer en cauchemar jusqu’à l’irréparable. Glaçant, ce récit écrit comme un journal intime est porté par son autrice qui a fait et continue de faire preuve de beaucoup de courage en nous partageant son vécu.


Jean Doux et le mystère de la disquette molle Philippe Valette DelcourtJean Doux et le mystère de la disquette molle, Philippe Valette 

Delcourt (2016)

Après l’inénarrable Georges Clooney, Philippe Valette fait son grand retour. Plongée dans les années 80 au cœur d’une entreprise spécialisée dans les broyeuses à papier. Notre héros Jean Doux arrive malencontreusement en retard  à une réunion très importante. Las du quotidien de la vie de bureau, il part s’échapper quelques instants dans un local abandonné. Là, il tombe sur une disquette molle, vestige d’un temps révolu qui semble détenir de sombres secrets. S’ensuit alors une enquête pour tenter de sauver l’entreprise. Drôle, décapant, j’espère retrouver un jour Jean Doux pour de nouvelles aventures !


Le singe de Hartlepool Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau DelcourtLe singe de Hartlepool, Wilfrid Lupano et Jérémie Moreau 

Delcourt (2012)

Début du 19ème siècle durant les guerres napoléoniennes, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Seul survivant : un chimpanzé arraché à sa famille et devenu animal de compagnie de l’équipage. Attifé comme un français, son uniforme tricolore semble tromper tout le monde jusqu’aux habitants de la ville d’Angleterre qui, au fond, n’ont jamais vu de français… Il est décidé d’en faire un exemple, le singe est alors écroué et traîné en justice. Légende du folklore anglais, Le Singe de Hartlepool fait état de la folie des hommes et de la guerre.


Aya de Yopougon Marguerite Abouet et Clément Oubrerie GallimardAya de Yopougon, Marguerite Abouet et Clément Oubrerie 

Gallimard (2005)

Côte d’Ivoire, 1978. Aya a dix-neuf ans et vit à Yopougon, quartier populaire d’Abidjan. Élève sérieuse se concentrant sur ses études, elle veut un avenir différent des autres. Son rêve ? Devenir médecin pour échappper à la fameuse série C : coiffure, couture et chasse au mari qui semble toucher de plus en plus ses amies. Toute une galerie de personnages et de nombreux thèmes sont abordés dans Aya de Yopougon rendant cette série riche et pleine d’espoirs.


L'adoption Zidrou et Arno MoninBamboo ÉditionL’adoption, Zidrou et Arno Monin 

Bamboo Éditions (2016)

Qinaya est une petite orpheline péruvienne de 4 ans. Adoptée par une famille française, elle va chambouler le quotidien de toute une famille et surtout Gabriel, le « papy ronchon » qui va devoir apprendre à devenir grand-père. Si le tout est touchant, la fin apporte vraiment un autre souffle au récit dont on a envie de lire la suite. Suite qui paraît d’ailleurs dans quelques jours…


Les rêveries d'un gourmet solitaire Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi CastermanLes rêveries d’un gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi 

Casterman (2016)

Le Japon et la gastronomie : une grande histoire d’amour ! Cette ouvrage et la réussite qui l’entoure en sont l’exemple criant. Entre deux rendez-vous et voyages d’affaire, tous les prétextes sont bons pour notre gourmet solitaire affamé de découvrir un petit restaurant japonais. Une BD qui mêle découvertes culinaires donc mais également culture japonaise. À lire le ventre plein.


Dans la peau d'un jeune homo Hugues Barthe HachetteDans la peau d’un jeune homo, Hugues Barthe 

Hachette (2006)

Hugo a 14 ans et se sent plus attiré par les hommes. Âge ingrat oblige, son corps change, ses envies se précisent, la pression sociale se fait de plus en plus forte. Mais voilà, il ne sait pas à qui en parler : ses camarades de classe sont si différents et son frère à l’exact opposé de lui… Est-ce une passade ? Suis-je normal ? Autant de questionnement par lesquels Hugo va passer jusqu’à accepter et faire son coming-out. Une BD sans prétention écrite comme un guide ou un journal intime où Hugues Barthe nous fait preuve de sa propre expérience adolescente.


Amitié étroite Bastien Vivès CastermanAmitié étroite, Bastien Vivès 

Casterman (2009)

Francesca et Bruno partagent un lien d’amitié très fort que peu comprennent. A l’opposé l’un de l’autre ils ressentent pourtant ce besoin irrépressible de se voir régulièrement. Pourtant, lorsque Bruno entame une histoire d’amour, Francesca vit mal la situation et remet en question les sentiments qu’elle éprouve pour son ami. Relation ambiguë qui se mue peu à peu en amour sincère, Bastien Vivès décrit avec justesse cette histoire naissante tout en tendresse.


L'enterrement de mes ex Gauthier 6 Pieds Sous TerreL’enterrement de mes ex, Gauthier 

6 Pieds Sous Terre (2015)

Le premier émoi télévisuel de Charlotte se fait à travers Jane, dans Jane et Serge. Elle s’inscrit alors au volley pour partager la sueur et les douches de ses camarades. Déjà, elle se sent différente des autres. Elle tisse des amitiés étroites avec quelques filles et ne comprend pas toujours les sentiments qui l’habitent. De l’amitié à l’amour, le pas est vite franchi et ses premières déceptions sentimentales ne se font pas attendre. Pour elle, il ne s’agit pas seulement d’expérience mais bien de réels sentiments. Partagé entre plusieurs chapitres qui représentent des périodes charnières, nous suivons Charlotte jusqu’à l’âge adulte à travers expériences et découverte de soi.


 

Jane, le renard & moi Fanny Britt et Isabelle Arsenault La PastèqueJane, le renard & moi, Fanny Britt et Isabelle Arsenault 

La Pastèque (2013)

Nous découvrons Hélène en pleine période sombre. Rejetée par ses camarades, elle se retrouve seule à l’école. En plus, elle n’aime plus vraiment son corps… Elle se réfugie alors dans le monde de Jane Eyre dont la lecture l’aide à s’échapper pour quelques instants…

Un roman graphique tout en poésie qui aborde le thème du harcèlement scolaire. Les illustrations d’Isabelle Arsenault sont un must !


Idéal standard Aude Picault DargaudIdéal standard, Aude Picault 

Dargaud (2017)

Alors qu’elle vient de passer la barre fatidique des 30 ans, Claire est toujours célibataire. Autour d’elle, ses amies sont en couple, mariées et parfois déjà mères. Et ce n’est pas à son travail en néonatalogie que la pression sociale diminue. En rencontrant Franck, elle veut se persuader que cette fois c’est le bon, qu’elle va pouvoir construire quelque chose de solide. Mais entre attentes et réalités, le fossé est parfois énorme

Loin des clichés des célibattantes, Idéal standard est réaliste et aborde des thèmes importants tels que l’accomplissement personnel, le couple, le désir, l’indépendance…


Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill Jean Regnaud et Emile Bravo GallimardMa maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill, Jean Regnaud et Emile Bravo 

Gallimard (2007)

C’est la panique pour Jean alors qu’à la rentrée des classes, l’institutrice demande la profession des parents. Son père est patron ça il en est sûr mais sa mère ? Il ne sait quasiment rien d’elle et pour éviter d’être différent, il va inventer. Elle sera secrétaire, après tout, pourquoi pas ? Cela fait si longtemps qu’il ne l’a pas vue. Mais elle va bientôt revenir, elle est en Amérique et lui envoie des cartes que lui lit sa voisine… Une jolie BD pour aborder en douceur la perte.


L'apocalypse selon Magda Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel DelcourtL’apocalypse selon Magda, Chloé Vollmer-Lo et Carole Maurel 

Delcourt (2016)

L’apocalypse annoncée il y a un an n’aura finalement pas lieu. Alors que l’humanité entière se réjouit de cette nouvelle, Magda 14 ans, est dévastée. Pour comprendre sa réaction il faut revenir quelques mois en arrière. Magda a trop peu vécu, expérimenté, elle ne peut et ne veut pas mourir vierge de toutes expériences. Elle n’est pas la seule à décider alors d’embrasser la vie et tout ce qui s’offre à elle, vite, trop vite peut-être…


Conduite interdite Chloé Wary SteinkisConduite interdite, Chloé Wary 

Steinkis (2017)

Nour rentre en Arabie Saoudite après avoir passé 5 ans à Londres. Elle trouve son pays natal bien rétrograde sur la question féminine par rapport à l’Angleterre où elle a pu y être libre et étudier ce qu’elle souhaitait. Elle souffre de cette contradiction : elle aime son pays mais ne peut s’y accomplir. Conduite interdite est l’histoire vraie d’un collectif de femmes qui en 1990, a pris le volant dans un pays qui interdit aux femmes de conduire. Si cette BD a à priori tout pour me plaire elle évoque trop rapidement des sujets importants et aurait mérité d’être bien plus approfondie.


Facteur pour femmes Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice Bamboo ÉditionFacteur pour femmes, Didier Quella-Guyot et Sébastien Morice 

Bamboo Éditions (2015)

La Première Guerre mondiale éclate et vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux, les femmes… et les infirmes. Maël, en plus d’un pied-bot, est jugé simple d’esprit par les habitants de l’île. Pour cela, il n’est pas mobilisé mais devient le facteur attitré. Sa tâche consiste à livrer aux femmes les lettres de leurs hommes partis au front. Seul homme vigoureux, il devient très vite le confident et l’amant de ses femmes qui se sentent bien seules. Difficile de s’attacher au personnage principal, ce Maël qui est repoussant dans bon nombre de ses actes…


Tu sais ce qu'on raconte Gilles Rochier et Daniel Casanave WarumTu sais ce qu’on raconte, Gilles Rochier et Daniel

Warum (2017)

Tu sais ce qu’on raconte, c’est l’histoire d’une rumeur qui enfle et est reprise par tous les habitants du village… À tel point qu’on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. Le procédé, la construction et le postulat sont louables mais l’ensemble reste tout de même anecdotique et ne fait pas de cette BD un ouvrage à lire et relire.


 

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh

Le bleu est une couleur chaude a remporté (entre autres) le Prix du public Fnac-SNCF lors du Festival d’Angoulême en 2011. En 2013, il a été porté à l’écran par Abdellatif Kechiche dans La vie d’Adèle qui a reçu la Palme d’or du Festival de Cannes. Cette adaptation est librement adaptée de la bande dessinée de Julie Maroh.

Clémentine et Emma

Le tragique de l’histoire s’affirme dès les premières pages. Emma vient passer une nuit chez sa compagne décédée. Clémentine lui a légué son premier journal intime qu’elle avait reçu à ses 15 ans. L’occasion pour nous lecteurs de découvrir la genèse de ce lien entre les deux jeunes femmes.

Clémentine est au lycée où elle va bientôt passer son bac. Élève studieuse tout semble lui réussir : elle est entourée de tout un groupe d’amis et un garçon plus âgé s’intéresse à elle. Ce dernier s’appelle Thomas et va devenir son petit ami.  Si tout semble bien se passer entre eux, Clémentine n’arrive pas à être tout à fait à l’aise. Un jour, elle croise une femme à la chevelure bleue… Cette rencontre est une révélation pour Clémentine. La femme aux cheveux bleus ne va dès lors plus quitter ses pensées et son inconscient. En effet, les premiers rêves érotiques apparaissent et avec eux la culpabilité. « Je suis une fille. Une fille doit sortir avec des garçons ».

Clémentine qui a finalement tout à apprendre de l’amour va subir le rejet des autres. Ce premier amour sera teinté d’amertume puisqu’elle va devoir faire face à l’homophobie ambiante, s’accepter et avoir la force de vivre cet amour au grand jour.

le bleu est une couleur chaude julie maroh éditions glénat bdLes personnages d’Emma et Clémentine sont inspirants. On ne peut qu’admirer la façon dont elles vivent (chacune différemment) cet amour, cette fierté de la différence. Chaque planche est totalement maîtrisée pour un rendu graphique éblouissant où la couleur est utilisée avec parcimonie et prend ici tout son sens (le fameux bleu d’Emma, cette couleur chaude). Chaque émotion est très bien retranscrite et rend les personnages très expressifs. Le bleu est une couleur chaude est avant tout une formidable histoire d’amour où le tragique se trouve mêlé à la douceur.

 

Culottées tome 2 de Pénélope Bagieu

Culottées tome 2 de Pénélope Bagieu

Paru le 26 janvier dernier aux éditions Gallimard, Culottées 2 est le second (et dernier) tome des portraits de femmes racontées par Pénélope Bagieu.

Je vous avais déjà fait part ici-même de mon amour pour le premier tome des Culottées et de ma rencontre avec Pénélope Bagieu. De Temple Grandin (ma préférée) s’impliquant pour la défense du bien-être animal à Nelly Blye pionnière du journalisme d’investigation en passant par Mae Jemison astronaute et première rôle d’astronaute réelle à apparaître dans Star Trek, ce tome 2 nous offre 15 portraits de « femmes qui ne font que ce qu’elles veulent ».

mae jamison astronaute star trek pénélope bagieu culottees 2 éditions gallimard

Culottées 2 nous permet donc de découvrir encore plus de femmes méconnues et qui pourtant devraient résider dans les manuels scolaires. Il est touchant de découvrir dans ces portraits la place importante des mères. Certaines de ces femmes ont en effet su compter sur le soutien et l’amour indéfectibles d’une mère qui les a poussé à s’accomplir.

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

Je finirai pompeusement avec cette citation de Simone de Beauvoir plus que jamais d’actualité et dont les portraits de Pénélope Bagieu font l’écho. Culottées 2 nous fait prendre conscience du combat mené par les femmes partout dans le monde, combat qui ne cessera d’être et nous donne envie de faire bouger les choses, de nous battre pour nos droits acquis ou non.


Les héroïnes de Pénélope Bagieu ne connaissent pas de frontières et nous rendent fières d’être des femmes, nous rebooste et nous rappelle que dans chaque femme réside une force incommensurable. Aussi bon que le premier tome, Culottées 2 est une BD à lire et à offrir de toute urgence.

Culottées Tome 1 de Pénélope Bagieu

Culottées Tome 1 de Pénélope Bagieu

Culottées rend hommage aux femmes qui ont marqué l’Histoire par leur caractère, leur personnalité, leurs actions, leur art, etc. Condensées en une bande dessinée sortie en septembre dernier, Pénélope Bagieu nous livre les mini-biographies de femmes aussi courageuses qu’inspirantes. J’ai eu la chance de trouver le premier tome sous le sapin, j’avais très envie de découvrir ce nouveau travail de l’auteure après avoir adoré sa biographie de Mama Cass dans California Dreamin.

pénélope bagieu auteure des culottées éditions gallimard
Pénélope Bagieu, auteure des Culottées

Une femme, une histoire

Dans Culottées, nous découvrons les portraits d’Agnodice, gynécologue dans la Grèce antique qui va se travestir afin de pouvoir exercer son métier, de Christine Jorgensen, première personne à avoir subi une opération chirurgicale de réassignation sexuelle, de Tove Jansson, créatrice des Moumines et de 12 autres femmes.

Si le fond est admirable la forme n’est quant à elle pas en reste. Les photos ne rendent malheureusement pas justice à la magnifique couverture aux reflets brillants ! A l’intérieur et entre chaque biographie, une double page d’illustration aux couleurs flamboyantes dépeint l’univers des Culottées.

pénélope bagieu culottées éditions gallimard joséphine baker
La double page d’illustration concernant Joséphine Baker

Chaque histoire est relativement courte, Pénélope Bagieu va à l’essentiel et nous offre un résumé de la vie de chaque femme en nous donnant toujours l’envie d’en savoir plus. S’il est parfois frustrant de quitter aussi vite une personnalité à laquelle on s’est attaché, le besoin de faire ses recherches en parallèle est inévitable.

Ce qui m’intéressait, ce n’était pas forcément de rentrer dans le détail de la vie de chacune d’entre elles, mais de faire apparaître un fil rouge. Ce sont des destins qui me touchent et qui m’inspirent. Ces femmes ont rencontré l’adversité, elles ont subi la pression familiale et ont été confrontées pour beaucoup d’entre elles à l’impossibilité de faire des études. Mais elles ont toujours trouvé des plans B pour réussir à prendre leur destin en main et finir par faire ce qu’elles voulaient. J’ai essayé de montrer la diversité de leurs histoires, en piochant dans toutes les époques et dans toutes les cultures, mais avec les mêmes constantes. (source : Nouvel Obs)

L’auteure nous donne les outils qui nous permettent de nous imprégner de ces histoires et c’est comme si elle nous passait le relais. A nous de raconter ces femmes, à nous de les transmettre. A l’instar des contes, ces chapitres deviennent alors aussi importants pour la mémoire collective. Ou en tout cas une mémoire que l’on déciderait de se construire, là où l’Histoire enseignée comporte des lacunes.


joséphine baker dans les culottées tome 1 de pénélope bagieu aux éditions gallimardUn très bel objet aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur. On y retrouve l’humour de Pénélope Bagieu et on sent qu’elle a mis beaucoup de sa personne dans cet album, l’admiration qu’elle voue à ces femmes y étant palpable ! Finalement il ne reste que peu de temps à attendre le retour des Culottées puisque le tome 2 est prévu pour le 26 janvier prochain, toujours aux éditions Gallimard ! Mais pour celles et ceux qui ne pourraient pas attendre les planches sont disponibles sur le blog Culottées hébergé par le Monde.


Tokyo Sanpo un guide de la capitale japonaise par Florent Chavouet

Tokyo Sanpo un guide de la capitale japonaise par Florent Chavouet

Tokyo Sanpo publié aux éditions Philippe Picquier est un carnet de voyage sur la ville de Tokyo sous forme de bande-dessinée. Sortie en 2009, elle fait partie de ces BD que j’aime lire et relire. Une suite intitulée Manabé Shima a d’ailleurs été réalisée un an après Tokyo Sanpo et retrace sa visite d’une île au large du Japon.

Bienvenue à Tokyo

Tokyo Sanpo est un OVNI dans le milieu de la bande-dessinée. Pas vraiment un guide touristique ni un carnet de voyage, ce dernier est inclassable. Parti 6 mois afin d’accompagner sa compagne qui devait y réaliser un stage, Florent Chavouet nous offre son point de vue personnel, totalement subjectif et un brin candide de la capitale nippone. Entre petits boulots et errances à vélo, il croque ses paysages, anecdotes et portraits de tout ce qui fait la ville de Tokyo.

carte de tokyo sanpo florent chavouet éditions philippe picquier

Chaque chapitre correspond à un quartier où l’auteur est allé et est accompagné d’une carte détaillée. On plisse les yeux, on tourne et retourne le livre afin de ne pas rater une seule indication. C’est drôle, instructif et décalé ! Il n’y a pas vraiment d’histoires dans Tokyo Sanpo ou plutôt il y en a des milliers à qui sait regarder. Armé de son vélo, d’une chaise pliante, d’un cahier et de quelques crayons, Florent Chavouet nous offre un ouvrage de plus de 200 pages comprenant dessins et anecdotes colorés.

tokyo sanpo florent chavouet éditions philippe picquier


Que vous ne connaissiez pas le Japon ou si – comme moi – vous êtes nostalgique du pays du soleil levant vous trouverez forcément votre compte dans Tokyo Sanpo. Seul petit bémol, les jugements un peu hâtifs et attachés au physique des personnes croisées dans les rues sont parfois déroutants.

 

Chronique de Kobané Calling de Zerocalcare

Chronique de Kobané Calling de Zerocalcare

Kobané Calling est sortie le 7 septembre dernier aux éditions Cambourakis. On me l’a offerte le mois dernier à l’occasion de mon anniversaire (dédicacé s’il vous plaît !) et cette BD a tout de suite été un gros coup de cœur. Son auteur italien Zerocalcare nous offre ici sa deuxième BD éditée en France après La Prophétie du Tatou en 2014. L’auteur qui connaît un certain succès dans son pays natal (plus de 400 000 exemplaires de la bande dessinée s’y sont écoulés), tient un blog « Zerocalcare » où il raconte son quotidien. Artiste engagé, il raconte dans Kobané Calling la résistance kurde, aux confins de la Turquie, de la Syrie et de l’Irak.

Voyages au Kurdistan

kobane calling zerocalcare exemplaire dédicacé bande dessinée
Mon exemplaire dédicacé par Zerocalcare

Cet « appel de Kobané », Zerocalcare le ressent alors qu’il assiste aux flash info télévisé qui relaient une cité assiégée par Daech. La ville syrienne située à la frontière turque était le théâtre d’une importante bataille entre l’Etat islamique et le peuple (depuis, le peuple à libéré la ville du joug de Daech mais cette dernière est détruite). Le dessinateur et des amis décident de s’y rendre afin d’apporter de l’aide (matériel sanitaire, technologique, etc) mais également de mieux comprendre les causes et enjeux, d’être au cœur de ce qu’ils avaient le sentiment d’assister à une révolution. En effet, les Kurdes de Syrie du Rojava (au nord de la Syrie) tentent d’instaurer une société fondée sur des principes d’égalité et de démocratie.

On avait du mal à comprendre comment tout cela était arrivé. On a demandé des explications aux Kurdes et on a découvert qu’une sorte de révolution était en marche. Une révolution qui parlait un peu notre langue: avec la femme au centre des domaines social, économique et militaire, mais également, c’est moins connu, la redistribution des richesses et la cohabitation entre les religions et les cultures.

Par deux fois ils feront le voyage. Une première pour se rendre au Kurdistan turc dans un village proche de Kobané et une seconde fois dans la région du Rojava au Kurdistan syrien. Sur le terrain, ils feront la rencontre de ces peuples en plein conflit se battant pour leurs libertés et leurs idéaux.

Un chapitre en particulier retient l’attention : celui consacré aux combattantes kurdes vivant dans les montagnes. Ces dernières ont totalement remis en question la hiérarchie hommes/femmes, elles apprennent à se battre aux côtés des hommes et à être respectées par ces derniers.

illustration kobane calling zerocalcare syrie kurdistan

Les sujets évoqués dans Kobané Calling ne sont pas des plus légers mais la présence de son auteur distillée à travers les pages apportent un peu de fraîcheur à l’ensemble notamment à travers son humour et son autodérision. Assez souvent, il prend le temps de faire un point (utile et bienvenue) sur la situation géopolitique des endroits où il se rend. Un glossaire est également ajouté en fin d’ouvrage et regroupe les expressions romaines utilisées (et leurs significations) par Zérocalcare et ses amis.


Un reportage qui mêle témoignages puissants et portraits admirables. Avec Kobané Calling, Zerocalcare a voulu nous montrer une image différente de celle que veut bien nous montrer les politiciens et médias « qui font de l’audience avec les croisades contre l’islam ». C’est également notre regard, notre ignorance et nos préjugés que nous remettons en cause au fil des pages. Un reportage puissant et inspirant, plus que jamais d’actualité et donc à mettre entre toutes les mains.

 

California Dreamin’ de Pénélope Bagieu

California Dreamin’ de Pénélope Bagieu

C’est lors d’un week-end à la campagne que je découvre California Dreamin’ (aux éditions Gallimard), posé sur les étagères de la bibliothèque familiale. De cette bande-dessinée, je ne connaissais pas du tout l’intrigue ni le style graphique. Son auteure par contre, je la suivais à l’époque de son blog Ma vie est tout à fait fascinante, puis de ses parutions BD telles que Joséphine et Cadavre exquis. Je dois bien avouer ne pas avoir suivi son travail depuis et c’est donc avec plaisir que j’ai lu California Dreamin’ avec pour fond sonore The mamas and the papas

All the leaves are brown and the sky is gray / I’ve been for a walk on a winter’s day / I’d be safe and if I was in L.A / California dreamin’ on such a winter’s day

Retour sur la chanson qui a marquée les années 60

 

Ces paroles – qui j’en suis sûre ne vous sont pas inconnues – sont issues de la chanson California Dreamin’ interprétée par The mamas and the papas. Commercialisée en 1965, elle va vite devenir l’hymne de toute une génération mais aussi le témoin des premières heures du mouvement hippie. Ses paroles évoquent le mal du pays, inspiration habituelle de la folk music nord-américaine. En ce milieu des années 1960 et influencée par la Beat Generation la folk music est l’autre genre contestataire de l’époque (avec le rock des Beatles !), les deux styles se fondant souvent l’un dans l’autre. California Dreamin’ incarne parfaitement ce mélange entre folk traditionnelle et rock moderne.

Si tout le monde connaît cette chanson, l’histoire du groupe est elle peut-être moins connue. C’est sur cette partie de l’histoire et plus précisément sur un des membres du groupe que va se pencher l’auteur et dessinatrice Pénélope Bagieu durant deux années de sa vie.

Mama Cass Elliot, chanteuse émouvante du groupe Mamas and papas

C’est à la lecture d’un livre sur Cass Elliot que l’idée d’en faire une bande dessinée germe peu à peu dans l’esprit de Pénélope Bagieu. Ne voulant pas seulement faire un copier coller des éléments biographiques de Mama Cass, la dessinatrice s’est complètement réapproprié l’histoire. Une fois les éléments réels et chronologiques posés, elle laisse libre court à son imagination. C’est sur des pistes et des détails qu’elle va s’attarder afin de faire naître sous nos yeux ce personnage à la personnalité, à la voix et au physique imposants.

mama cass elliot the mamas and the papas california dreamin penelope baigue gallimard

Cass Elliot naît dans une famille d’artistes qui lui transmet sa passion pour le jazz et l’Opéra. De ces passions hors-norme pour son âge, la jeune fille va se retrouver mise à l’écart dans sa scolarité. De plus, elle possède une personnalité détonante mais pas le physique filiforme des ses autres camarades… Rêvant de percer dans la musique, elle va vite se faire remarquer par sa formidable voix.

Le fond et la forme de California Dreamin’

Un style graphique crayonné, monochrome et aux nombreux contrastes

 

Ce qui frappe instantanément à l’ouverture du roman graphique c’est bien entendu son esthétisme. California Dreamin’ est entièrement crayonné et cette technique donne une impression vraiment déstabilisante au premier abord. En effet, le résultat est tellement brut qu’on n’ose pas poser les doigts sur les illustrations de peur de tâcher le livre (ou ses doigts). Au fil des pages, on découvre des cases très contrastées, de grands effets de profondeur qui font ressortir toute la force du dessin. Pour cela, la dessinatrice a en fait tout dessiné avec 3 crayons différents et… aucune gomme pour effacer d’éventuels traits maladroits !

Une démarche intéressante à l’ère du tout numérique où les petites erreurs sont sans doute plus facilement rattrapables sur ordinateur et palette graphique.

Je n’aime pas la couleur pour la couleur. Le crayon à papier, ici, élague les artifices que l’on rajoute pour dissimuler ses lacunes en dessin. On est seul avec son crayon, ça permet d’être plus libre.

mama cass elliot the mamas and the papas california dreamin penelope baigue gallimard

Un récit à plusieurs voix

Dans California Dreamin’, chaque chapitre correspond à une partie de l’histoire racontée à travers les yeux d’un proche de Cass Elliot. A aucun moment la parole n’est donnée à cette dernière. Ce choix est intéressant car il nous permet d’avoir plusieurs points de vue sur une seule et même personne et d’ainsi nous forger notre opinion personnel sur la chanteuse. L’autre avantage était qu’ainsi, Pénélope Bagieu pouvait faire des sauts dans le temps sans pour autant perdre le  lecteur.

Je ne me sentais pas d’en faire ma narratrice. Je voulais qu’elle soit une énigme. Que ce soit un puzzle qui fasse qu’on comprenne petit à petit. Si je lui avais donné la parole on aurait eu la clef tout de suite…

 

Les interviews qui m’ont aidée à y voir plus clair dans le processus créatif de l’auteure sont à retrouver sur : Culturebox et Télérama.


Pénélope Bagieu nous offre une plongée dans les années 60 au cœur de Baltimore et revient sur cette fabuleuse époque qui a vu naître le rock et le mouvement hippie. Mais California Dreamin’ c’est surtout la genèse d’une star. On s’attache tout au long de ce roman graphique au personnage de Mama Cass et jusqu’à la diffusion de sa chanson à la radio. On se retire alors sans regret, on sait qu’elle a réalisé son rêve.

 


Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé

Ce n’est pas toi que j’attendais de Fabien Toulmé

Fabien Toulmé publie son premier roman graphique avec Ce n’est pas toi que j’attendais (aux Editions Delcourt), récit autobiographique où il narre ses débuts en tant que père d’une enfant atteinte de la trisomie 21.

Alors que sa femme accouche de leur seconde fille, le père croit déceler des signes de trisomie chez le nouveau-né. Si personne ne semble prendre ses doutes au sérieux, le médecin diagnostique une tétralogie de Fallot, problème cardiaque qui peut inclure des anomalies chromosomiques dont la trisomie 21. S’ensuit alors tout un bouleversement dans la vie de cette famille qui va devoir faire face aux opérations, différents rendez-vous médicaux, etc. Mais la plus grande des épreuves se trouvera être le processus d’acceptation.

planche 2 roman graphique autobiographique ce n'est pas toi que j'attendais sur la trisomie 21 de fabien toulmé éditions delcourt
Ce n’est pas toi que j’attendais s’ouvre sur un bref souvenir d’enfance du narrateur

La trisomie 21 qu’est-ce que c’est ?

On a tous le souvenir d’avoir regardé, pleuré et ri devant Le huitième jour. Si de mon point de vue le film est réussi je n’ai sans doute pas le recul ni les connaissances nécessaires sur le sujet pour en juger plus en profondeur.

La trisomie 21 (ou syndrome de Down) est une malformation congénitale. Elle est due à la présence d’un chromosome surnuméraire sur la 21ème paire de chromosomes c’est à dire qu’au lieu d’avoir au total 46 chromosomes, la personne porteuse de trisomie 21 en possède 47. Les hommes et les femmes ordinaires ont 23 paires de chromosomes, avec deux chromosomes X chez la femme et un X et un Y chez l’homme.  La présence de ces 3 chromosomes 21 a des conséquences mais ne les prive pas de compétences.

La trisomie 21 n’est pas une maladie. Le diagnostic ne peut être posé que sur l’étude du caryotype, c’est-à-dire de l’étude des chromosomes.
Cet examen se fait le plus souvent à partir d’un prélèvement sanguin (qui permet d’étudier les chromosomes des noyaux de certains globules blancs, les lymphocytes) ou d’un prélèvement de liquide amniotique en prénatal (étude des noyaux des cellules amniotiques).

Il existe plusieurs formes de trisomie 21 qui sont d’ailleurs abordées succinctement dans la bande dessinée. Le but n’étant pas de vous perdre dans des explications biologiques mal faites je vous invite à visiter ce site très complet pour plus d’informations détaillées.

Il n’est pas toujours évident de parler avec sincérité en remettant en cause la bénédiction qu’est une naissance.  Si le sujet reste encore tabou, Fabien Toulmé nous offre une vraie leçon de courage et réussit avec recul à revenir sur ses pensées d’alors, pas toujours politiquement correctes. Selon lui, ce témoignage a été réalisé avant tout dans l’optique de raconter une belle histoire d’amour et non de faire passer un message. L’auteur réussit ici à allier les deux et c’est sans doute ce qui en fait une œuvre si humaine et touchante. Ce n’est pas toi que j’attendais nous oblige à revoir notre jugement, notre regard posé sur l’autre, notre peur de l’inconnu.

 

Chronique de Comme convenu de Laurel

Chronique de Comme convenu de Laurel

Tombée un peu par hasard sur la campagne de récolte de fonds pour la prochaine BD de Laurel intitulée « Comme convenu » via les réseaux sociaux, j’y ai modestement ajouté ma pierre à l’édifice. Le projet m’a tout de suite emballé : on y parle jeux vidéo, Californie et auto édition.

Une campagne de crowdfunding qui bat tous les records sur Ulule

Un objectif de 1047% atteint en seulement 24 heures sur Ulule la célèbre plateforme de crowdfunding, plus de 259 000 euros collectés, 7962 contributeurs, 700 dédicaces, 1000 pochettes de stickers…

Comme convenu est partagée gratuitement sur le blog de Laurel depuis plus d’un an et cela ne l’a pas empêchée de rencontrer un aussi grand succès en version papier. Preuve en est que la gratuité sur internet n’implique pas forcément un échec commercial papier. Une constatation plutôt encourageante pour les auteurs de BD, métier de plus en plus précaire malheureusement.

couverture bd comme convenu laurel autoédition

L’histoire en BD d’une start-up de jeux vidéo en Californie

Comme convenu est l’histoire d’un couple qui décide de déménager tout près de San Francisco afin de monter leur start-up de jeux vidéo sur mobiles. Laurel est donc la dessinatrice qui va s’occuper de tout l’aspect graphique et son compagnon est développeur. Ils partent avec leur fille Cerise et leur truculent chat Brume. Mais comme vous pouvez vous en douter à travers le titre, rien ne va se passer comme prévu !

Un soin tout particulier apporté au livre-objet

En tant que contributeur, j’étais amenée à souvent recevoir des newsletters concernant Comme convenu. Outre le fait qu’il est toujours agréable de savoir où en est le projet c’était vraiment intéressant de suivre pas à pas les différentes étapes de l’auto édition. Et non, toutes les bandes-dessinées ne se ressemblent pas ! Il faut prendre de nombreuses décisions qui détermineront la qualité finale du livre-objet (choix du papier, tests d’impression, allers-retours chez l’imprimeur, etc).

Nous avons vraiment été gâtés puisque le pack contenait également trois planches de stickers et deux superbes marque-pages. Ils ont déjà tous trouvé leur place…

Un très grand soin a été apporté à la réalisation de cette BD et c’est un plaisir d’avoir pu y participer. Je serai sans conteste présente pour la suite !