La diagonale du désir de Sinziana Ravini

La diagonale du désir de Sinziana Ravini

En plein dans l’écriture de son nouveau roman, une femme s’interroge sur le désir féminin. Le désir est l’envie, le fait de vouloir quelque chose mais il est également synonyme d’appétit, d’attirance sexuelle. Vaste sujet, surtout lorsqu’elle-même semble avoir relayé ses propres envies au second plan. La relation qui s’essouffle avec son mari ne semble rien arranger.

Pour le bien de son roman, elle prend la décision de se créer un double en la personne de Madame X et y voit là une manière de reprendre les rênes de sa vie.

Du paradoxe identitaire au double transitionnel

Le choix du surnom reflète la personnalité de ce double plus libérée, plus entreprenante, plus érotique. Afin que l’expérience soit totale, Madame X est suivie par un psychologue. C’est d’ailleurs sur leur première séance que s’ouvre La Diagonale du désir. Par la suite, ces séances seront un moyen habile de rendre compte au lecteur des dernières péripéties de cet alter ego.

Dans sa réflexion sur le désir féminin, elle va demander à des femmes – connaissances ou amies – de lui donner des tâches à réaliser. Pour vous donner une idée, ces « gages » peuvent aller de l’observation d’un tableau au musée du Louvre jusqu’à la participation à une soirée BDSM. En y venant à bout, elle espère se rapprocher de son désir profond et peut-être de découvrir qui elle est vraiment.

Comme souvent lorsqu’il est question de double, les deux personnalités vont finir par se confondre et ne faire qu’une.

La diagonale du désir

Le postulat de base avait tout pour me plaire mais plusieurs points m’ont dérangée dans cette lecture. Tout d’abord, c’est l’étalage de références culturelles qui m’ont rebutée. Elles alourdissent le récit, lui confèrent un côté pompeux et c’est dommage. Alors oui, le parcours de Sinziana Ravini est impressionnant ! Critique d’art, éditrice, chargée de cours en esthétique, commissaire d’exposition et écrivain, son écrit s’en ressent et c’est souvent passionnant. Au risque de perdre le lecteur…

Sinziana Ravini la diagonale du désir éditions stock

Ensuite, je n’ai pas trouvé la narratrice attachante et le manque d’empathie à son égard a sans doute joué sur mon ressenti global. L’autrice joue cependant de cela en comparant son personnage à la célèbre Scarlett O’Hara du film Autant en emporte le vent. Celle-ci ne devient attachante qu’à la fin du film, une fois que nous avons assisté à plusieurs de ses échecs. Il aurait pu en être de même pour l’héroïne de La Diagonale du désir, malheureusement ça ne prend pas ! Il est difficile de comprendre ses choix même si ses réflexions et décisions font partie de son processus d’introspection qui la conduira au bout de son voyage initiatique.

Enfin, je trouve regrettable qu’une femme délaissée par un conjoint froid et distant et qui part à la recherche de son propre désir en essayant de se le réapproprier ne dirige sa quête finalement qu’en fonction des hommes… Une fin plutôt ouverte vient toutefois nuancer ce propos.

Pour son premier roman, Sinziana Ravini nous offre une œuvre sensuelle inclassable entre le roman, l’autobiographie et l’essai. Si je n’ai pas été touchée par La Diagonale du désir, je retenterai cependant l’expérience en suivant de près sa carrière de romancière !

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