Les Dieux du tango de Carolina de Robertis

Les Dieux du tango de Carolina de Robertis

Les Dieux du tango débute comme bien des histoires avant elle, celle de la traversée d’immigrants partis s’installer sur le nouveau continent. Tous ont un désir en tête : prendre un nouveau départ, souhaiter de meilleures conditions de vie en Amérique du sud. En Argentine il y a du travail pour tous à ce que l’on dit et des fortunes à se faire.

Notre héroïne Leda s’est fiancée très jeune avec son cousin. Une promesse faite à l’abri des regards, protégée par les branches tombantes d’un arbre. Ce n’était alors qu’un serment d’enfants qui ne se connaissent pas vraiment ni l’un ni l’autre, ni eux-même. C’est elle qui est sur le bateau en ce moment, avec pour seul bagage, le violon familial que lui a laissé son père.

Les Dieux du tango est le récit d’un exode, d’une urgence de vivre et à travers ses pages nous découvrons toute une galerie de personnages. C’est un melting pot de personnalités que l’on va accompagner pour certains l’espace d’un instant seulement et pour d’autres jusqu’au bout de notre histoire. Nous découvrons alors leur passé, leurs espoirs et leurs peurs.

Le docteur n’entendrait pas les cimetières cachés dans son cœur. Il ne verrait pas, en examinant ses dents, les mots jamais prononcés qui hantaient sa bouche. Combien de secrets entraient clandestinement, ce jour-là, dans le Nouveau Monde ?

A peine a-t-elle le pied posé sur cette nouvelle terre d’accueil que Leda apprend qu’elle est veuve. Son cousin est décédé dans des circonstances d’ordre politique. Totalement vulnérable, l’ami de son cousin la prend sous son aile et l’emmène dans le conventillo – logement de fortune où se rassemblent les immigrés – où il vit.

conventillos buenos aires argentine
Leur nom signifie « petit couvent », ils sont formés d’une cour entourée de chambre rappelant les cellules des nonnes. Ils furent un des berceaux de la création du Tango.

S’ensuit alors la découverte de Buenos Aires, ville de tous les péchés, inhospitalière pour une femme seule. L’autrice décrit avec précision les odeurs, les bruits, les couleurs. Et puis, la musique ! Le tango, sa sensualité… En empathie totale avec Leda, tous nos sens sont en éveil et nous découvrons en même temps qu’elle un lieu aussi bien dangereux que synonyme de liberté. C’est de cette liberté que va s’emparer Leda.

Alors que tout s’écroule, que son mari est mort et qu’elle est loin de tout ce qui faisait son foyer, elle décide de tourner la situation à son avantage et de ne pas s’apitoyer. N’est-ce pas là l’opportunité de se découvrir toute entière ? D’apprendre à appréhender ses désirs, à connaître sa vraie nature, à réaliser ses rêves ?


Les Dieux du tango nous met sans cesse en déroute, c’est l’inattendu à chaque page puis, on se laisse finalement guider. Du déracinement à l’éclosion, il est un fabuleux roman sur l’acceptation de soi. Il perd malheureusement en puissance dans sa deuxième partie qui se perd à décrire les errements sensuels de son héroïne au détriment du reste…

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