Elle s’appelait Tomoji de Jirô Taniguchi

Elle s’appelait Tomoji de Jirô Taniguchi

Elle s’appelait Tomoji est un manga de Jirô Taniguchi publié en France en 2015 aux éditions Rue de Sèvres. Séduite par Quartier Lointain, j’avais très envie d’en découvrir plus sur l’oeuvre du célèbre mangaka. Conformément à la prépublication en magazine au Japon, les premières et dernières pages de chaque chapitre sont en couleur et le reste en noir et blanc. Un entretien avec son auteur est d’ailleurs visible à la fin du manga et qui parle de la genèse de la réalisation de ce dernier.


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L’histoire débute en 1925, an 14 de l’ère Taishô (1912-1926), revient en 1912 (dernière année de l’ère Meiji) pour se terminer en avril 1932, an 7 de l’ère Shôwa. Elle se concentre sur la vie et la rencontre de deux adolescents : Tomoji Uchida et son cousin Fumiaki Itô. Tomoji grandit dans la campagne japonaise au nord du mont Fuji et travaille beaucoup afin d’aider sa famille tandis que Fumiaki fait ses premiers pas de photographe à Tokyo.

Elle s’appelait Tomoji : genèse du manga

Taniguchi et sa femme fréquentent un temple bouddhiste de la région de Tokyo depuis plusieurs années jusqu’au point de se lier avec les personnes qui animent et font vivre ce lieu. Fort de sa renommée, une commande est passée au mangaka. Son but ? Celui de faire connaître la vie de la fondatrice du temple qui n’est autre que Tomoji. Pour cela, il est décidé que la bande-dessinée serait un bon moyen de la faire découvrir au plus grand nombre, la pratique de la lecture traditionnelle étant alors en recul. Taniguchi accepte à condition que cela soit fait à sa façon.

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En effet, cela ne l’intéresse pas de s’atteler à l’écriture et au dessin d’une biographie pure et dure. Ce qui intéresse Taniguchi ce sont tous les petits détails d’une vie qui font le destin de cette femme. Pour se faire, il s’entoure de Miwako Ogihara qui est scénariste pour la télévision. C’est une grande première pour Taniguchi de mettre au cœur de son histoire un personnage principal féminin. Elle s’appelait Tomoji est donc basée sur des personnages ayant existé mais l’histoire est fictionnelle.

Le traitement temporel est également très intéressant puisque Taniguchi a choisi de s’intéresser à la vie de Tomoji avant la fondation du temple bouddhiste (tout comme Pénélope Bagieu avait choisit de quitter son héroïne avant qu’elle soit connue dans California Dreamin) et utilise le flash-back. Un choix qui s’explique par le fait que ce dernier souhaitait privilégier le parcours de la vie qui a façonné la personnalité de la jeune femme jusqu’à son choix de s’orienter vers la voie de la spiritualité.

Un vrai travail a été réalisé en amont afin de décrire au mieux les paysages ruraux de l’époque ainsi que les personnes y vivant.

Je me suis rendu dans la région de Yamanashi, afin de m’en représenter correctement la géographie et l’histoire. On sent bien que la population de ce Japon vieillit. Il n’est pas certain qu’il puisse se perpétuer encore longtemps.

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Elle s’appelait Tomoji nous fait traverser les époques à travers son héroïne qui passe de l’enfance à l’âge adulte. Un travail d’écriture intéressant puisqu’il mêle biographie, faits historiques et éléments fictionnels. Ce manga dresse le portrait d’une « femme tranquille et déterminée » dans « un Japon en voie de disparition » de l’entre deux guerres. On y retrouve ce qui fait la force et l’attrait du mangaka : une nature magnifiée, l’accent mis sur l’enfance, l’importance de la famille et bien sûr le destin et les hasards de la vie…


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