Le un : la revue hebdomadaire indépendante

Le un : la revue hebdomadaire indépendante

Peut-être êtes-vous déjà familier avec cette revue hebdomadaire. Depuis quelques années maintenant, Le Un propose un journal qui invite ses lecteurs à la réflexion…

« Un journal pour ralentir et réfléchir »

Nous croyons en l’intelligence des lecteurs. À leur capacité à se forger leur propre opinion.
Dans le 1, vous trouverez de nouvelles idées, des opinions différentes, et des contributeurs qu’on ne lit pas ailleurs.
Écrivains, scientifiques, chercheurs, économistes, poètes, artistes, sociologues, réalisateurs, politistes, anthropologues, se confrontent sans jamais s’affronter.

Chaque semaine (en l’occurrence le mercredi), Le Un se penche sur un seul grand sujet d’actualité et aide ses lecteurs à le comprendre. Voulant faire face à un déferlement d’informations, de nouvelles, d’actualités, Le Un a voulu offrir une nouvelle expérience de presse. Pour cela, la revue ne dépend d’aucun groupe financier ni publicitaire et est donc totalement indépendante afin de garantir une information fiable.

Son contenu promet une heure de lecture pour s’aérer l’esprit et le muscler avec de nouvelles idées. Son petit format en fait le compagnon idéal des transports en commun par exemple !

Pour ma part, j’ai pu tenter l’expérience avec un numéro un peu spécial : le hors-série de l’été 2017. Pour la deuxième année consécutive, il y propose – en partenariat avec France 5 et La Grande Librairie – un recueil de nouvelles choisies avec soin par l’équipe.

le un revue hebdomadaire

J’aime :

L’idée d’une revue totalement indépendante, la qualité des textes publiés et la mise en avant d’un artiste (ici Sheina Szlamka) qui met en illustration ces derniers.

Où trouver Le Un ?

En kiosques, en maisons de la presse ou directement dans votre boîte aux lettres si vous choisissez l’abonnement !

Tenté par l’expérience ?

Interessé ou simplement curieux, sachez que Le Un offre le premier numéro.

 

Lancement du club de lecture des éditions Pocket Jeunesse

Lancement du club de lecture des éditions Pocket Jeunesse

Ce samedi 25 février a eu lieu le lancement du tout premier club de lecture organisé par les éditions Pocket Jeunesse. Après inscription et tirage au sort, les participantes se sont rassemblées autour du dernier roman de Rainbow Rowell.

nuage café lancement club de lecture des éditions pkj pocket jeunesse carry on raibow rowell

Le rendez-vous est donné au Nuage café, un endroit cosy et agréable de Paris prompt aux rencontres et conversations livresques. Après une brève présentation de l’équipe PKJ, les lectrices rassemblées par table ouvrent les hostilités. Au programme : jeux, quiz, réalisation de badges et débats autour de la star de la journée qui n’est autre que Carry On de l’autrice Rainbow Rowell.

Une bonne manière de rencontrer des personnes partageant les mêmes passions autour d’une lecture commune. J’ai beaucoup apprécié recevoir d’autres avis sur cette lecture et apprendre à connaître les lectrices à travers des quiz.

nuage café lancement club de lecture des éditions pkj pocket jeunesse carry on raibow rowellLe prochain Book Club portera sur La rencontre du dernier espoir de Kelley York. Si cet événement vous intéresse, je vous invite vivement à suivre les éditions Pocket Jeunesse sur les Réseaux sociaux afin d’être mis(e) au courant rapidement !

Rencontre et dédicace de Pénélope Bagieu pour Culottées Tome 2

Rencontre et dédicace de Pénélope Bagieu pour Culottées Tome 2

La librairie du Publicis Drugstore qui propose quelques 3000 références de livres organise également des événements. C’est ainsi que je me suis rendue ce jour à la dédicace de Pénélope Bagieu autrice de California Dreamin’ et de Culottées.

pénélope bagieu dédicace les culottées tome 2 à la librairie publicis drugstore à paris

J’avais déjà beaucoup aimé le premier tome des Culottées mais je dois dire que le second fut un réel coup de cœur. Et oui, « second » puisqu’il n’y en aura pas de troisième, j’en ai eu la confirmation auprès de Pénélope (tristesse !). La rencontre bien que brève a été pour moi l’occasion de rencontrer une autrice que j’aime tout particulièrement et m’a permis d’échanger avec elle quelques instants. Je vous laisse contempler ma jolie dédicace et vous dit à bientôt pour parler de Culottées 2 !

culottées 2 dédicace pénélope bagieu

 

Exposition sur le Mexique au Grand Palais de Paris

Exposition sur le Mexique au Grand Palais de Paris

En pleine lecture de la correspondance de Frida Kahlo, je me suis rendue à l’exposition sur le Mexique qui s’est déroulée du 5 octobre au 23 janvier 2017 au Grand Palais de Paris. Si comme moi vous avez l’habitude de vous rendre aux expositions à la toute fin et que bien souvent elles vous passent sous le nez cet article sera l’occasion de (re)découvrir les différentes œuvres d’art qui y étaient exposées. La culture et l’art mexicain étant très riches, l’exposition est consacrée à ces derniers à partir de l’année 1900 jusqu’à 1950.

Au Mexique, le langage esthétique moderne puise ses racines dans le siècle précédant la Révolution mexicaine. En effet, à partir de la restauration de la République en 1867 (à la suite de l’intervention française eu Mexique), le gouvernement se vit contraint de justifier l’existence d’un État relativement récent et d’en assurer la cohésion. La production artistique fut mise à contribution afin de promouvoir une histoire commune et de créer des références nationales qui privilégiaient les sujets historiques, le portrait et les scènes de genre, affirmant ainsi l’existence d’un peuple dans toute sa diversité.

C’est au début du XXème siècle qu’apparaît l’Ecole mexicaine de peinture dont le fer de lance est le muralisme. Les peintures de ce courant esthétique étaient réalisées dans des lieux publics afin de donner une vision de l’Histoire à l’entièreté du peuple mexicain. Elles étaient l’objet de commande de l’État mexicain.

Parallèlement, tout fut mis en oeuvre pour donner au Mexique une visibilité sur la scène internationale.  L’académie de peinture San Carlos permit aux artistes les plus prometteurs d’obtenir une bourse et de se rendre en Europe afin d’acquérir un large éventail de références artistiques. Au cours de ce voyage, ils se familiarisèrent avec les avant-gardes de l’époque, proposèrent et réinterprétèrent une grande variété de styles.

Les trois artistes les plus influents du muralisme mexicain

José Clemente Orozco (1883-1949)

Le style de José Clemente Orozco est fondé sur un réalisme expressionniste lié aux vieilles traditions artistiques mexicaines et l’un de ses thèmes de prédilection est l’homme contre la machine. Sensible aux causes sociales, il voit dans le muralisme la forme la plus désintéressée de faire de l’art, car il est impossible d’en faire un usage particulier, il a une transcendance sociale. L’œuvre du peintre illustre l’extrême violence des événements qui ont frappé le Mexique au siècle dernier. Il donna de la Révolution, et en particulier de l’engagement du peuple, une image pleine de contradictions où le pouvoir et la mélancolie de l’homme compose une vision souvent critique de l’avenir du Mexique et de l’humanité.

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Les femmes des soldats peint par José Clemente Orozco en 1926 (Huile sur toile, Mexico)

David Alfaro Siqueiros (1896-1974)

Il fut l’artiste le plus impliqué dans les mouvements sociaux et politiques. Cet engagement, combiné à sa connaissance des mouvements d’avant-garde est manifeste dans son œuvre. Ce qui lui tenait le plus à cœur était de créer un art public, raison pour laquelle il privilégia la peinture murale à la peinture de chevalet, qu’il considérait comme un art privé. Il élabora ainsi un discours qui donnait une voix prépondérante à la lutte ouvrière. La lutte des classes est chez lui indissociable de l’art. Selon Siquieros, seul le « binôme » art-politique peut créer une conscience critique, et l’art doit être le diffuseur et le vecteur de ce postulat.

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Notre image actuelle peint par David Alfaro Siqueiros en 1947 (Pyroxilyne sur celotex et fibre de verre, Mexico)

Diego Rivera (1886-1957)

L’action du peintre pour la revalorisation des arts mexicains prit plusieurs formes. Même s’il côtoyait de près les avant-gardes européennes, il ne souhaita pas en faire partie développant plutôt un langage figuratif propre qui soutenait les idéaux révolutionnaires et valorisait l’histoire ancienne de son pays. Rentré au Mexique en 1921, Diego Rivera créa ainsi le langage iconographique d’une véritable utopie, l’image populaire et monumentale du peuple mexicain indien et métis, promis à un avenir de progrès et de grandeur. Tout cela favorisa l’émergence d’un sentiment de fierté nationale et d’appartenance à une race, qui contribua à forger le creuset de stéréotypes sociaux encore présents aujourd’hui.

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Vendeuses d’arums peint par Diego Rivera en 1942 (Huile sur masonite, Mexico)

Les femmes fortes mexicaines

Avec l’arrivée du romantisme au XIXème siècle, la tendance sociale explique les capacités intellectuelles de la femme par des mécanismes reposant davantage sur l’intuition et l’imagination que sur la raison. Dans ce contexte, le cinéma mexicain impose à ses personnages féminins des schémas de conduite largement déterminés par l’univers dans lequel ils évoluent. Ces personnages représentent deux extrêmes : celui de la femme provinciale, à la vie domestique et bien rangée, généralement incarnée par une mère et une épouse dévouée, et celui de la femme pécheresse, image de la vie nocturne de Mexico ou des ports. Entre ces deux extrêmes se trouvent les soldaderas de la révolution mexicaine, représentées au cinéma dans les années 1940 et 1950 comme la femme battue, la femme fatale et la femme contemporaine, qui sont en rupture avec ces schémas.

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Autoportrait aux cheveux coupés peint par Frida Kahlo en 1940 (Huile sur toile, New York)

Parmi les œuvres de Frida Kahlo, celle-ci est sans doute la plus forte déclaration d’émancipation de la femme dans l’histoire de l’art moderne. En peignant ce tableau juste après s’être séparée de Diego Rivera, elle se libère de l’emprise affective que ce dernier exerçait sur elle. Dans un geste qui ressemble à une déclaration d’indépendance, elle se débarrasse ainsi de l’un des ornements que Rivera aimait le plus chez elle : ses cheveux.

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L’enfant indifférente peint par Maria Izquierdo en 1947 (Huile sur toile, Mexico)

Militante active des droits de la femme, Maria Izquierdo est surtout connue pour sa période surréaliste. Elle est aussi une excellente portraitiste et intègre dans ses œuvres des éléments de la culture mexicaine, en particulier du passé indien, comme les bijoux, les coiffures et les costumes. Elle fait un usage remarquable des couleurs vives, souvenirs de son enfance passée dans les provinces mexicaines. Elle se consacre également à l’enseignement et au journalisme et restera sa vie durant investie dans la cause des femmes.

Exposition organisée par le Musée national d’art, INBA et la Réunion des musées nationaux – Grand Palais.

La nuit de la rentrée littéraire 2016 à la librairie Decitre

La nuit de la rentrée littéraire 2016 à la librairie Decitre

Qui dit fin des vacances et reprise dit également rentrée littéraire et cette année , ce sont 560 romans dont 363 français (66 premiers romans) et 197 étrangers qui font leur rentrée.  S’il est parfois difficile de s’y retrouver parmi toutes ces sorties alors quoi de mieux pour se faire une idée d’un roman que de rencontrer directement l’auteur et de l’entendre parler de la genèse de celui-ci ?

Conviée à la nuit de la rentrée littéraire qui s’est déroulée mercredi 14 septembre dernier, j’ai eu la chance de rencontrer quatre auteurs venus présenter leur nouveau roman. Cet événement a été organisé par le centre commercial So Ouest et la librairie Decitre de Levallois-Perret où il a d’ailleurs eu lieu.

Decitre, une librairie résolument axée vers le client

Depuis 1907, Decitre a pour objectif quotidien de permettre à chaque lecteur de trouver ses livres et à chaque livre de trouver ses lecteurs. Cette librairie organise également des  rencontres  avec des auteurs, offre des invitations pour des manifestations culturelles, la reprise des manuels scolaires d’occasion et la couverture des livres à la rentrée, des idées cadeaux toute l’année, la possibilité de déposer un avis sur un livre et de consulter ceux laissés par d’autres internautes, des actions pour la lecture, l’écriture et la culture avec le Fonds Decitre.

Je ne connaissais pour ma part pas les librairies Decitre mais je dois avouer avoir été agréablement surprise. Même si l’espace est très grand et différent de nos librairies habituelles préférées, tout est fait pour qu’on s’y sente bien. Les différents coups de cœur des libraires jalonnent les allées et permettent de mieux s’y retrouver. L’accueil quant à lui est chaleureux et mené par une équipe de professionnel(le)s à l’image de Charlotte et Zoé dont je vais  maintenant vous présenter les coups de cœur de cette rentrée littéraire.

Les coups de cœur des libraires

 

Guillaume Decitre et une partie de l'équipe de libraires
Guillaume Decitre et une partie de l’équipe de libraires ©Actualitte

Les libraires lisent en avant première les romans de cette rentrée littéraire et font une sélection en toute impartialité de leurs coups de cœur. Voici donc celle de Zoé et Charlotte :

  • Là où les lumières se perdent de David Joy (aux éditions Sonatine) : « Sonatine ne cessera jamais de nous surprendre ! Habitué à ses thrilles rythmés, on découvre ici un petit chef d’œuvre. David Joy nous emmène dans une magnifique contemplation qui ne cesse de monter en puissance. Du fils qui ne veut pas ressembler à son père à l’espoir qu’une rencontre peut donner, on se sent transporté dans un monde dur et sans concession. Là où les lumières se perdent est un de ces bijoux qui nous font aimer la littérature et nous font ressentir toutes sortes d’émotions fortes. Un sans-fautes ! »

 

  • Amour monstre de Katherine Dunn (aux éditions Gallmeister) : « Sous le chapiteau des Binewski, le spectacle est permanent. Cette famille ambulante extraordinaire est composée de parents normaux du moins physiquement, qui ont créé, non sans quelques ratés, cinq enfants difformes. Ainsi faits, ils pourront gagner leur vie en étant eux-mêmes. Mais dans cette fratrie de monstres de foire, la rivalité accroît avec le succès au prix de conséquences surprenantes ! C’est Oly, la naine bossue albinos, quatrième enfant du couple de forains, qui nous livre son histoire pour la transmettre à Miranda, sa fille ignorante de ses origines et dotée d’une simple queue, vestige familial. Katherine Dunn dérange et passionne dans ce roman fascinant où la différence, la beauté et la décence sont bouleversées, et marque durablement ses lecteurs avec le fabuleux cirque Fabulon ! »

 

  • Le grand jeu de Céline Minard (aux éditions Rivages) : « Un texte surprenant, à la fois poétique, philosophique voire sociologique. Une jeune femme s’isole en montagne, non sans avoir fait installer un abri high-tech et mis en place tout un environnement afin de demeurer là en ermite. Autarcie et escalade sont au programme. S’isoler pour mieux se retrouver, prendre la mesure de soi-même, de ses limites, mais surprise, elle n’est pas seule dans la montagne… Céline Minard nous emporte avec son style impeccable, maîtrisé, dans ce conte philosophique qui nous met face à de grands questionnements sur notre monde, notre rapport à l’autre. C’est une prouesse littéraire, un livre puissant, troublant et envoûtant. Céline Minard a définitivement un immense talent ! »

 

  • Ecouter nos défaites de Laurent Gaudé (aux éditions Actes Sud) : « Difficile, exigeant mais tellement beau, actuel et terrible. L’auteur croise plusieurs périodes de l’Histoire et leurs personnages emblématiques avec tous le même point commun : leurs défaites. Que révèlent de nous nos défaites – ou nos victoires – ces choix qui nous définissent lorsque l’Histoire s’écrit sous nos yeux ? Que reste-t-il, après, lorsque tout a été joué ? Laurent Gaudé fait se croiser Hannibal, Grant, Sélassié et enfin l’époque contemporaine. L’humanité tragique et l’humanité qui s’aime; le renoncement, la souffrance, la jouissance, la transmission à travers les siècles. Tout ceci est rattaché à notre histoire contemporaine grâce à Mariam et Assem qui se sont aimés l’espace d’une nuit. D’abord la jouissance des corps puis l’amour qui perdure par delà les frontières et les mers. Un livre qui nous lie à ce qui a été, qui traverse ce que nous sommes aujourd’hui, et qui affirme une seule et même chose : seules la beauté et l’humanité valent la peine qu’on meure pour elles. »

 

  • Watership down de Richard Adams (aux éditions Monsieur Toussaint Louverture) : « Watership Down est un roman d’aventure épique avec scènes de combat, épreuves terribles à affronter et moments de bravoure, qui met en scène… un groupe de lapins. On pense autant au Seigneur des anneaux de J.R.R Tolkien qu’aux fourmis de Bernard Werber. L’auteur joue malicieusement avec la culture classique et cite Homère ou Shakespeare à propos de la reconquête d’un terrier ou la traversée d’une rivière. Ce roman est aussi une fable écologique servie par une très belle écriture. C’est drôle, émouvant, prenant. A lire pour les personnages très réussis, l’évocation de la nature, l’originalité du projet ! »

couverture watership down les garennes éditions monsieur toussaint louverture richard adams

Pour ma part, je me suis laissée convaincre par ce « petit » dernier : Watership down. Je veux dire… un groupe de lapins, un roman d’aventure épique, un ode à la nature le tout à la sauce Tolkien ! Il ne m’en fallait pas plus pour craquer. Si ce roman fait partie de cette sélection c’est qu’il s’agit d’une réédition, et pas n’importe laquelle ! L’objet livre est magnifique ! En réalité, Watership down ou Les Garennes de Watership down, a été publié en 1972 et a connu un énorme succès. Je ne vous en dis pas plus et vous montrerai tout ça dans un prochain article…

Quatre auteurs incontournables de la rentrée littéraire

 

la nuit de la rentrée littéraire à la librairie decitre
De gauche à droite, Charlotte, Leïla Slimani, Véronique Ovaldé, Olivia de Lamberterie, Négar Djavadi, Luc Lang et Zoé. ©Actualitte

Le moment majeur de cette soirée était bien entendu la rencontre avec les auteurs, animée par Olivia de Lamberterie, Directrice des pages livres chez Elle Magazine. Étaient présents quatre auteurs venus présenter leur roman : Véronique Ovaldé avec Soyez imprudents les enfants, Leïla Slimani avec Chanson douce, Négar Djavadi avec La désorientale et Luc Lang avec Au commencement du septième jour.

Soyez imprudents les enfants est le quatorzième roman de Véronique Ovaldé. Elle a reçu pour Et mon cœur transparent le prix France-Culture Télérama en 2008 et en 2009 pour Ce que je sais de Vera Candida le prix Renaudot des lycéens, le prix Roman France Télévision et le grand prix des lectrice Elle. Chanson douce de Leïla Slimani est son troisième roman après le très remarqué Dans le jardin de l’ogre. Négar Djavadi signe son premier roman avec La désorientale quant à Luc Lang il s’agit ici de son dix-septième roman après Voyage sur la ligne d’horizon qui a reçu le prix Jean Freustié en 1988 et le prix Goncourt des lycéens avec Mille six cents ventres.

Deux romans sélectionnés pour le prix Goncourt

A noter que Au commencement du septième jour et Chanson douce font partie de la sélection pour le prix Goncourt 2016 qui sera décerné le 3 novembre prochain.

Au commencement du septième jour de Luc Lang aux éditions Stock

4 h du matin, dans une belle maison à l’orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat.
Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas. De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines. Un roman d’une ambition rare.

Luc Lang s’est inspiré de La trilogie des confins de Cormac Mc Carthy qui l’a bouleversé et il a voulu transposer cela dans un univers européen avec son urbanisme. Reconstituer l’errance des personnages mais en voiture et non pas à cheval comme dans le récit initiatique de Mc Carthy.

 

Soyez imprudents les enfants de Véronique Ovaldé aux éditions Flammarion

Soyez imprudents les enfants, c’est le curieux conseil qu’on a donné à tous les Bartolome lorsqu’ils n’étaient encore que de jeunes rêveurs – et qui explique peut-être qu’ils se soient aventurés à changer le monde. Soyez imprudents les enfants, c’est ce qu’aimerait entendre Atanasia, la dernière des Bartolome, qui du haut de ses 13 ans espère ardemment qu’un événement vienne bousculer sa trop tranquille adolescence.
Ce sera la peinture de Roberto Diaz Uribe, découverte un matin de juin au musée de Bilbao. Que veut lui dire ce peintre, qui a disparu un beau jour et que l’on dit retiré sur une île inconnue ? Atanasia va partir à sa recherche, abandonner son pays basque natal et se frotter au monde. Quitte à s’inventer en chemin. Dans ce singulier roman de formation, Véronique Ovaldé est comme l’Espagne qui lui sert de décor : inspirée, affranchie et désireuse de mettre le monde en mouvement.

Véronique Ovaldé a choisit ce titre parce qu’elle est convaincue qu’il faut apprendre ce qu’est le danger mais reprendre son éducation vis à vis de la peur. Celle-ci est notre premier empêchement, biaise notre façon de vivre. Pour elle ce roman est celui d’un apprentissage.

 

Chanson douce de Leïla Slimani aux éditions Gallimard

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.
A travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Chanson douce est un livre très violent dont l’effroi se fait sentir dès le premier chapitre. C’est un thriller domestique tiré d’un fait divers qui s’est déroulé aux Etats-Unis en 2012 dont l’auteure avait été particulièrement marquée. Le titre est né par une image, celle construite sur les apparences : de la nounou, des parents, etc. Chanson douce raconte ce que c’est d’être une mère aujourd’hui.

 

Désorientale de Négar Djavadi aux éditions Liana Levi

La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d’insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d’origine pour vivre libre. Mais dans la salle d’attente de l’unité de PMA de l’hôpital Cochin, d’un rendez-vous médical à l’autre, les djinns échappés du passé la rattrapent.
Au fil de souvenirs entremêlés, dans une longue apostrophe au lecteur, elle déroule toute l’histoire de la famille Sadr. De ses pétulants ancêtres originaires du nord de la Perse jusqu’à ses parents, Darius et Sara, éternels opposants au régime en place ; celui du Shah jusqu’en 1979, puis celui de Khomeiny. Ce dernier épisode va les obliger à quitter définitivement l’Iran. La France vécue en exilés n’a rien à voir avec le pays mythifié par la bourgeoisie iranienne… Alors, jouant du flash-back ou du travelling avant, Kimîa convoque trois générations et une déesse du rock and roll au chevet de sa  » désorientalisation « .
On y croise, entre autres, Siouxie, Woody Allen, Michel Foucault, des punks bruxellois et des persans aux yeux bleus, six oncles et un harem.

A l’issu de ces rencontres, j’ai choisi d’acheter Désorientale et je vous en parle ici.

 

Si comme moi vous vous sentez un peu perdu(e) lors de cette rentrée littéraire, j’espère que cette sélection vous donnera quelques idées lecture !