Chronique de Fête des pères de Greg Olear

Chronique de Fête des pères de Greg Olear

Fête des pères aux éditions Cherche Midi est le deuxième roman de Greg Olear après Totally Killer. A l’instar de son personnage Josh Lansky, l’auteur est père de deux enfants et vit à New Platz dans l’Etat de New York. Un livre plus personnel et inspiré de sa vie qui sort en librairie le 2 février 2017.

Tout se passait bien ou presque dans la vie de Josh Lansky. Marié, deux enfants il tente de gérer au mieux son travail à temps plein de PAF (comprendre Père Au Foyer). Les différents manques – de sommeil, de sexe, de reconnaissance pour sa situation – restent gérables et font partie intégrante de sa vie de parent d’enfants en bas âge. Pourtant, la journée de Josh bascule quand une des mamans du voisinage lui annonce que sa femme le trompe. Cette dernière est en déplacement professionnel et ne rentrera que le lendemain…

24 heures chrono dans la vie d’un père au foyer

Fête des pères se déroule sur 24 heures de 3h33 (oui, on se réveille tôt quand on a des enfants) à minuit. Cette construction permet d’apporter une certaine énergie et un rythme soutenu où tout s’enchaîne. La journée va s’articuler entre les différents rendez-vous, l’école, les sorties scolaires, la baby-sitter bref tout ce qui morcelle la vie d’un père au foyer.

Si le pitch paraît faible au premier abord et les histoires de tromperie vues et revues, Fête des pères se révèle plus profond que cela. En effet, un des enfants du couple est atteint du trouble du spectre autistique (TSA). L’occasion pour l’auteur de revenir sur un sujet qui semble lui tenir à cœur et de nous faire nous interroger en tant que lecteur sur notre jugement et notre regard à l’autre. De plus, même si l’infidélité est mise au centre de l’intrigue, la réaction de Josh à cette nouvelle est plutôt plaisante puisqu’il ne cède pas à l’énervement mais va plutôt tenter de trouver les causes de cet éloignement et de se remettre en question. La situation reste légère et drôle puisqu’en bon scénariste (il a écrit il y a plusieurs années un script qui aurait intéressé George Clooney en personne) il s’imagine les tromperies de sa femme dans des mises en scène chiadées entre les feux de l’amour et un mauvais film érotique.

Remuer les schémas ancestraux

En France, le pourcentage de pères au foyer s’élève difficilement à 4%. Dévalorisés dans leurs rôles, on a parfois l’impression que leur virilité est directement remise en question. S’il est encore difficile de sortir du schéma « femme au foyer – mari qui fait bouillir la marmite », Fête des pères prend le contre-pied des rôles imposés par une société à dominante patriarcale.

Ici, Josh a fait le choix de s’occuper de ses enfants à temps plein alors que sa femme travaille. Même s’il tente de renouer avec le métier d’auteur, père au foyer est une véritable vocation et cela apporte une bouffée de fraîcheur au tout.


Même si le statut de parent au foyer de Josh est au centre de l’intrigue, le roman aborde de nombreux autres thèmes. Il y est question d’autisme, d’embrasser un choix de vie dans lequel s’épanouir, déculpabiliser de son rôle de parent pas toujours parfait, de confiance et d’engagement. Le tout emprunte un ton léger, drôle, bourré de références (peut-être un peu trop à mon goût). Fête des pères sait s’adresser à tout le monde, pas la peine d’être nécessairement parent pour se sentir concerné !


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