Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena

Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena

Je dois avouer que je me suis laissée tenter par Le goût des pépins de pomme (aux Editions Livre de poche) un peu au hasard. Lors de ma dernière brocante, j’ai été attirée par la magnifique couverture et par le résumé qui promet une saga familiale allemande. Et même si l’on ne juge pas un livre à sa couverture je n’ai pas été déçue du fond de ce premier roman de Katharina Hagena paru en 2008.

Plongée au cœur des souvenirs

A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu’elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n’envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu’elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l’entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l’histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.

Katharina Hagena auteure du livre le goût des pépins de pomme
Katharina Hagena au milieu d’un verger

Le goût des pépins de pomme est un patchwork d’anecdotes – à l’image des bouts de laine conservés par la grand-mère – sur les différents membres d’une famille. Le roman est comme partagé entre plusieurs parties comme les souvenirs, les secrets familiaux ou encore une réflexion sur la mémoire et l’oubli.

L’oubli n’était donc lui-même qu’une forme de souvenir. Si l’on n’oubliait rien, on ne pourrait pas non plus se souvenir de quoi que ce soit. Les souvenirs sont des îles qui flottent dans l’océan de l’oubli. Il y a dans cet océan des courants, des remous, des profondeurs insondables. Il en émerge parfois des bancs de sable qui s’agrègent autour des îles, parfois quelque chose disparaît. Le cerveau a ses marées.

C’est en cela que ce roman est unique et l’on se demande où l’auteure veut nous emmener. Passé et présent s’entremêlent jusqu’à la découverte pour le lecteur de ces fameux secrets. Si l’intrigue prend place dans le cadre idyllique de la campagne allemande le passé resurgissant n’en est pas moins violent.

Le seul bémol à mon sens est la partie « présent » avec l’idylle entre la protagoniste et l’ami d’enfance resté depuis toujours dans cette même ville. Des dialogues convenus et des situations clichées viennent entacher la force de l’histoire. Heureusement, ces passages ne sont que peu nombreux et l’on en revient vite à ce qui fait l’essence même du roman, les souvenirs. En bref, ce fut un bon moment de lecture sans toutefois être un chef-d’oeuvre.

Je me suis surprise à superposer mes propres souvenirs d’enfance. La maison de la grand-mère d’Iris devenait celle de la mienne et j’y ai retrouvé pendant un instant ces odeurs et ces lieux si chers à mon cœur. A la lecture de Le goût des pépins de pomme on n’a pas d’autre choix que de se laisser submerger par une vague d’émotion. S’il est douloureux de repenser aux êtres qui nous manquent c’est aussi un devoir de mémoire parfois nécessaire pour avancer. Un livre à relire plusieurs fois, à prêter, à offrir. Nul doute qu’il trouvera écho en chacun.

Partage : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *