Intempérie de Javi Rey

Intempérie de Javi Rey

Intempérie est un roman graphique publié chez Dupuis dans sa collection Aire Libre. Il est l’adaptation éponyme du roman de Jesús Carrasco paru en 2013 et qui avait alors obtenu le prix du meilleur roman de langue espagnole en 2013.

D’une fugue à la fuite

Javi Rey nous fait (re)découvrir ici l’histoire d’un jeune garçon qui a fuit un entourage violent avant de trouver refuge auprès d’un vieux chevrier solitaire et bourru. Les deux hommes vont s’apprivoiser et lier une relation hors du commun. Fuyant vers le nord accompagnés du troupeau, la survie est le mot d’ordre. Il faut trouver de l’eau, de quoi manger et ne jamais rester sur place, d’autant plus qu’ils sont poursuivis par l’alguazil (le nom que portaient en Espagne les agents de police qui remplissaient à la fois les fonctions d’huissier, de sergent de ville et de gendarme) et ses sbires.

Ne vous fiez pas à ce pitch somme toute classique, Intempérie est tout sauf banal ! L’oeuvre dans sa globalité dégage une véritable force où tous les sens sont mis à contribution.

Le travail sur la couleur est parfois déroutant tant il arrive à nous transporter entre deux états. D’une part celui où ses couleurs nous font ressentir le soleil sur notre peau, entendre le chant des cigales et sentir les odeurs de terre sèche. D’autre part l’atmosphère âpre des flash-back et cauchemars, froide à nous glacer le sang.

intemperie javy rey

Les premières illustrations qui s’offrent à nous sont celles de la mort et elle ne nous quittera plus par la suite. Elle se trouve partout : sur chaque visage, dans chaque lieu, dans ses paysages inhospitaliers, terres arides où rien ne pousse ni ne subsiste. Le jeune garçon lui-même semble sans âge et erre entre la réalité et ses cauchemars, son jeune âge et la fin de son innocence…

L’histoire est d’une violence inouïe mais la mise en scène n’en demeure pas moins emplie de pudeur et sait prendre de la distance lorsque nécessaire. À l’image du chevrier taiseux, Intempérie comporte peu de textes et dialogues et ils se savourent alors d’autant plus. Une vraie belle réussite qui donne envie de découvrir le travail de Jesús Carrasco.

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