Chronique de La cuisinière de Mary Beth Keane

Chronique de La cuisinière de Mary Beth Keane

Dans son nouveau roman, Mary Beth Keane renoue avec un sujet cher à son cœur, celui du destin d’une immigrée irlandaise débarquant à New York. Paru aux éditions 10|18 en début d’année, « La Cuisinière » prend des allures de roman historique puisqu’il retrace une partie de la vie fictionnelle de la tristement célèbre « Mary Typhoïde ».

Mary Mallon, premier porteur sain de la fièvre typhoïde

Marry Mallon Typhoid Mary
Cuisinière habituée aux quartiers huppés du Lower East Side, Mary Mallon travaille dur afin de payer le loyer d’un des « tenements », habitations collectives que louaient les classes pauvres et ouvrières dans lequel elle vit avec Alfred. Leur relation hors mariage fait scandale au sein d’une Amérique conservatrice, d’autant plus que celui-ci est dépeint comme alcoolique et fainéant.

Confrontée à la mort dès son adolescence dans une Irlande en grand misère, elle ne cessera de la côtoyer, les cas de fièvres typhoïdiques se faisant de plus en plus fréquents autour d’elle. Les autorités sanitaires ne tarderont pas alors à faire le rapprochement entre les familles touchées et leur cuisinière. Arrêtée et mise en quarantaine sur l’île de North Brother, morceau de terre perdue au milieu de l’eau tumultueuse non loin de New York, nous assistons à son impuissance et à l’injustice des traitements qu’elle reçoit. D’apparence saine, traitée comme une criminelle et un cas d’étude, elle est totalement déshumanisée.

Moins connu qu’outre-Atlantique où l’expression « Typhoid Mary » désigne quelqu’un qui répand, consciemment ou non, quelque chose d’indésirable, le destin de cette femme n’est pourtant pas exempt d’enseignements. La médecine d’alors en était à ces débuts et il peut-être intéressant de transposer un cas similaire au sien dans une société et des progrès médicaux plus avancés comme la nôtre. Quelles seraient alors les décisions prises quand la logique veut que l’on privilégie un intérêt de santé publique ?

La Cuisinière paraissait à première vue très prometteur. Le lecteur est amené à compatir mais se perd dans des anecdotes dérisoires. La fiction créée par l’auteur autour de la vie de Mary Mallon nous amène pourtant à compatir mais les nombreux flash-back font pâtir le roman de Mary Beath Keane. Celui-ci subit une réelle perte de rythme dans la dernière partie. Les passages mettant en scène les échanges entre l’héroïne et le Dr Sopper – véritable prédateur – sont pourtant remarquables mais le récit aurait gagné en puissance avec plus de détails sur sa vie de recluse.

 

Livre lu dans le cadre du club de lecture de My Pretty Books
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2 réactions au sujet de « Chronique de La cuisinière de Mary Beth Keane »

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