Chronique de La Curée d’Emile Zola

Chronique de La Curée d’Emile Zola

La Curée est le deuxième roman qui prend place chronologiquement dans le vaste projet d’Emile Zola : Les Rougon-Macquart. L’auteur se lance en 1870 dans l’écriture de 20 romans reliés les uns aux autres et qui dépeignent la vie d’une famille sur cinq générations et la société sous le Second Empire. Cette fresque a pour but d’étudier l’influence du milieu sur l’homme et les tares héréditaires de la famille. Cet ensemble de romans marque le triomphe du mouvement littéraire appelé naturalisme dont Zola est le principal représentant.

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La Curée, Le Ventre de Paris et La Conquête de Plassans aux éditions France Loisirs.

Spéculations et urbanisme parisien

Une fois n’est pas coutume, Zola va s’appuyer sur une des grandes transformations qui se produisent à l’époque de son roman pour servir son histoire. Pour La Curée, il s’est inspiré de la spéculation immobilière parisienne qui a marqué la fin du Second Empire et le début des années 1870, marqué par la Crise bancaire de mai 1873 qui a déclenché la Grande dépression. La transformation de Paris a été violemment critiquée par certains de ses contemporains qui dénonçaient son coût faramineux et la réduction de la mixité sociale.

Démolition du Théâtre du Vaudeville pour le percement de la rue Réaumur
Démolition du Théâtre du Vaudeville pour le percement de la rue Réaumur

C’est dans ce contexte historique que vont évoluer nos personnages. Aristide Saccard, spéculateur opportuniste à la recherche constante du profit. Renée Béraud du Châtel, riche héritière qui deviendra la femme de ce dernier pour échapper au scandale du viol dont elle est victime au sortir du couvent. Celle-ci mène une vie de luxe et de mondanités où elle cherche continuellement à palier à son ennui à travers vices et plaisirs. Et Maxime le fils d’Aristide au physique androgyne qui débarque à Paris à la mort de sa mère, profite à outrance de la fortune de son père et de sa belle-mère.

La Curée, titre révélateur

A l’image de ses autres titres (L’Œuvre, La Terre, Le Rêve, L’Argent, etc), celui de La Curée est symbolique. Étymologiquement parlant la curée est le morceau de la bête que l’on donne aux chiens à la fin de la chasse. Par extension, il s’agit de toute espèce de pitance. Ici, c’est au dépeçage de Paris qu’Aristide Saccard participe. Il accumule rapidement une grande fortune en achetant à bas prix des immeubles entiers, dont il sait qu’ils seront bientôt rachetés à prix d’or par la ville, qui souhaite les détruire afin de construire les futurs grands boulevards de la capitale.

Outre ces questions d’argent, le roman comporte également plusieurs intrigues amoureuses. La plus marquante étant la relation semi-incestueuse qui finira par se nouer entre Renée et Maxime.

Si la trame laisse peu de place à l’optimisme c’est l’évolution des personnages qui est intéressante. Dans une société bourgeoise futile et où tout est motif à calculs, il leur manque l’essentiel. Ainsi, ils sont avides d’attention, d’amour ou d’argent et cela jusqu’à les pousser au crime. On retrouve ici tout ce qui fait la puissance des romans d’Emile Zola. Un contexte historique fort et ses répercussions sur un échantillon de la population parisienne. Causes et conséquences, le tout agrémenté de l’héritage social d’une famille.

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