Chronique de Les mots de Jean-Paul Sartre

Chronique de Les mots de Jean-Paul Sartre

Avec Les mots (Editions Folio) Jean-Paul Sarte signe en 1963 l’autobiographie de sa prime jeunesse. L’ouvrage, divisé en deux parties (Lire puis Ecrire) raconte comment il a de ses 4 à 11 ans découvert l’existence à travers les mots. Conçu comme un « adieu à la littérature » , le livre rencontra un succès immédiat et contribua à l’attribution du Prix Nobel en octobre 1964, que Sartre refusa.

Une enfance solitaire dans un monde imaginaire

Sartre commence par remonter l’arbre généalogique familial jusqu’à ses grand-parents. Passage obligatoire pour cerner un peu mieux les futurs personnages qui vont se présenter à nous. Âgé de deux ans, son père – dont il ne gardera que très peu de souvenirs – décède.

« Ce père n’est pas même une ombre, pas même un regard : nous avons pesé quelque temps, lui et moi, sur la même terre, voilà tout. »

Sa mère et lui vont alors vivre chez ses grands-parents maternels Charles et Louise Schweitzer. Sa mère est complètement dévouée à sa famille qui n’est pas tendre envers elle. Leur relation d’abord incertaine (l’enfant la voit comme une grande sœur qui partage sa chambre et qu’il souhaiterait plus tard épouser) devient fusionnelle avec le temps. Le petit garçon est très proche et très protecteur envers sa mère.

Solitaire, Sartre se réfugie dans les livres et se forge seul sa culture. Il apprendra d’ailleurs à lire de lui-même.

La « comédie de plaire »

Enfant unique et sans père, Sartre est choyé au sein de son milieu petit-bourgeois. Parfaitement conscient de son pouvoir d’attraction il sait en profiter et est élevé comme un roi. L’enfant se met alors à faire ce qu’on attend de lui. Il lit tous les auteurs et les classiques de la bibliothèque de son grand-père, toujours dans ce désir de plaire. Plus tard, il découvrira des livres plus adaptés à son âge et qui ne feront que renforcer sa réelle passion pour la lecture.

« J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres. »

L’enfant est la pièce maîtresse de ce simulacre de bonheur. C’est lui qui maintient en place la fausse unité des membres d’une famille faussement heureuse.

Charles Schweitzer, seule figure paternelle

Cet enfant que chacun s’approprie devient rapidement le favori de son grand-père. N’ayant pas su aimer ses fils, ce dernier se pâme devant le petit Jean-Paul. D’origine alsacienne, il est professeur d’allemand. Il va avoir une grande influence sur la formation du jeune Sartre. Cependant, l’auteur revient avec lucidité sur la relation parfois intéressée qui l’unissait à son grand père, personnage charismatique et despote.

jean-paul-sartre

Les mots fait partie de ces livres que l’on a envie de lire et relire, qu’on ouvre de nouveau juste pour lire un passage qui nous laissera rêveur un bon moment. Sartre revient sur son enfance avec ce qu’il faut d’esprit critique et d’ironie, il n’est pas toujours tendre avec lui-même ou ceux qui l’entourent. Une réflexion intéressante sur le processus créatif et la genèse de celui qui deviendra par la suite le philosophe et auteur de « L’existentialisme est un humanisme ».

 


 

Partage : Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Une réaction au sujet de « Chronique de Les mots de Jean-Paul Sartre »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *