Mon midi mon minuit d’Anna Mc Partlin

Mon midi mon minuit d’Anna Mc Partlin

J’ai eu la chance d’approcher Anna Mc Partlin lors d’une rencontre organisée par Babelio et les éditions du Cherche Midi. L’autrice était à Paris pour promouvoir son livre que l’on peut enfin se procurer outre-Manche, 12 ans après sa sortie en Irlande ! Anna Mc Partlin déborde d’humour, d’énergie et fait preuve d’une grande ouverture d’esprit, à l’image de Mon midi mon minuit.

À la suite d’un drame, le monde d’Emma, jusque-là rempli de promesses, s’effondre. La jeune femme plonge dans le désespoir. Ses amis font alors bloc autour d’elle pour tenter de lui redonner le goût de vivre

Mon midi mon minuit

Le roman, intitulé Pack up the Moon dans sa version originale est un vrai casse-tête pour l’auteur et sa version française. Après moult propositions ce sera finalement Mon midi mon minuit qui sera conservé. Il s’agit d’un passage du poème Funeral Blues de W. H. Auden :

Il était mon nord, mon sud, mon est, mon ouest,
Ma semaine de travail, mon dimanche de sieste,
Mon midi, mon minuit, ma parole, ma chanson ;
Je croyais que l’amour jamais ne finirait : j’avais tort.

Si ces vers ne vous sont pas inconnus c’est parce qu’ils font partie de la célèbre oraison funèbre dédiée à Gareth dans le film Quatre mariages et un enterrement de Mike Newell. Moins connu en France, ce poète américain d’origine anglaise a influencé de nombreux écrivains anglo-saxons et Anna McPartlin avait étudié ce poème qui l’avait à l’époque bouleversé et qu’elle n’a jamais oublié.

Un roman très personnel

Il y a 10 ans, Anna Mc Partlin a perdu sa mère mais également un de ses meilleurs amis. Point de départ de ce roman, elle assure que ces deuils ont touché tout le monde d’une manière différente mais qu’ils ont également permis de rassembler les personnes entre elles. Ses amis, qui ont joué le rôle de seconde famille ont été présents lors de ces moments difficiles. C’est de tout cela dont Anna Mc Partlin s’est inspirée. Totalement fictionnel, ce roman reste cependant un des plus personnels de l’autrice.

Après Les derniers jours de Rabbit Hayes, Mon midi mon minuit s’attarde une nouvelle fois sur le thème de la perte. S’il n’existe pas de plus grande fatalité que la mort d’un proche, le roman ne se complaît pas dans cette disparition. Même si Emma va devoir faire face aux célèbres phases de deuil (déni, culpabilité, colère, dépression, acceptation…), Mon midi mon minuit s’avère être le parcours initiatique de la jeune femme et de tout son entourage. Anna Mc Partlin y narre la manière dont chacun va vivre cette perte, y survivre et en sortir grandi.

C’est drôle, comment tourne le monde, comment nous gagnons et perdons, sans jamais savoir ce qui nous attend alors que nous ne cessons de faire des projets. Comment nous survivons et continuons d’avancer. Une certaine tristesse apparaît avec la survie, mais aussi des bonheurs nouveaux.

Le roman profite d’une large palette de personnages construits et profonds. Chacun y a son rôle à jouer et représente un héros du livre à part entière. Mention spéciale au personnage de Nigel, le frère d’Emma qui est entré dans les ordres et y vit une profonde remise en question. Certains protagonistes et situations sont d’ailleurs si bien amenés que l’on peut regretter qu’ils n’apparaissent pas plus ou qu’elles n’aient pas de suite…

Mon midi mon minuit reste un roman léger malgré le thème abordé. Sa lecture fait naître plusieurs émotions – parfois diamétralement opposées – d’une page à l’autre et chaque lecteur en retirera quelque chose en fonction de son vécu et de sa personnalité.

En librairie le 6 avril 2017 (éditions Cherche Midi).

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