No home de Yaa Gyasi

No home de Yaa Gyasi

No Home (éditions Calmann Lévy) est le premier roman de Yaa Gyasi.  Née au Ghana, elle part s’installer avec sa famille aux États-Unis à l’âge de 2 ans. Elle y reviendra plusieurs années plus tard et ce voyage fera naître en elle l’envie d’écrire cette histoire.

Esclavage et châtiments

Au 18ème siècle sur la Côte-de-l’Or, nous suivons les prémices de la vie d’Effia et Esi, deux demi-sœurs. Sitôt devenue femme, Effia est mariée à un officier britannique. Elle vit avec lui au fort de Cape Coast tandis qu’aux niveaux inférieurs, des prisonniers attendent d’être vendus et emportés comme esclaves par des bateaux. En parallèle à cela et à la suite d’une guerre de tribus, Esi est faite prisonnière et vendue au fort, attendant d’être envoyée en Amérique.

Ainsi commence le récit de No Home. Entre Afrique et Amérique, Histoire et fiction, nous suivons la descendance des deux femmes. En tout, c’est avec 14 protagonistes que nous faisons connaissance. Les chapitres sont finalement assez courts et entraînent d’abord une sensation de frustration. Les personnages sont si travaillés, profonds et ont tellement de choses à nous transmettre qu’il est difficile de passer à un autre. Et si au début cette sensation de privation ne fait que croître, elle se change finalement en gratification. Les pièces du puzzle se mettent peu à peu en place, tous les membres de cette immense famille ayant leur pierre à poser à l’édifice.

Je suis trop vieux pour aller en Amérique. Trop vieux aussi pour la révolution. En outre, si nous allons étudier chez les Blancs, nous apprendrons seulement ce que les Blancs veulent que nous apprenions. Nous reviendrons pour construire le pays que les Blancs veulent que nous construisions. Un pays qui continuera à les servir. Nous ne serons jamais libres.

Le thème principal est bien évidemment l’esclavage mais No Home aborde de manière plus large les problèmes auxquels les africains ont pu être confrontés. Racisme, difficultés liées au métissage, emprisonnements systématiques des noirs pour les faire travailler de force dans des mines, abus des blancs qui détiennent le pouvoir, immigrations difficiles, etc. Chacune de ces personnes représente une conséquence directe à l’esclavagisme et ses répercussions. No Home est le récit de ces transmissions, qu’elles soient conscientes ou non. De génération en génération, c’est 250 ans d’Histoire africaine que ce roman couvre avec brio.

Roman gagné via un concours organisé par MyPrettyBooks.

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