Chronique de Portrait de femme d’Henry James

Chronique de Portrait de femme d’Henry James

Portrait de femme (publié aux éditions 10|18) est un roman d’Henry James (1843 – 1916) qui serait, selon le critique littéraire Harold Bloom le portrait de l’écrivain en femme.

Peu après les années 1870 aux Etats-Unis, Isabel notre héroïne fraîchement orpheline rencontre pour la première fois sa tante Mrs Touchett. Celle-ci, touchée par la jeune fille et le potentiel qu’elle décèle en elle la prend sous son aile afin de l’emmener dans un voyage qui s’avérera initiatique.

Isabel va alors découvrir le monde puisqu’elle quitte très vite son pays natal pour découvrir l’Europe : Londres, Paris, Florence et enfin Rome. Elle gravite dans les sphères de l’Aristocratie qui lui étaient jusqu’alors inconnues et se fait très vite remarquer. Belle, intelligente et indépendante, les soupirants se bousculent. Cependant, celle-ci ne cherche qu’à s’accomplir intellectuellement et surtout seule, loin du mariage et de ses carcans.

Henry James, précurseur du roman moderne

Si l’histoire met du temps à se mettre en place c’est que l’auteur nous pose subtilement un décor, une ambiance mais surtout des personnages. Son roman recèle en effet de toute une galerie de sujets parfaitement travaillés. Chacun est minutieusement décrit, que ce soit physiquement mais aussi psychologiquement.

Les dialogues et réparties ne sont quant à eux pas en reste et sont finement ciselés. On assiste parfois à des enchaînements de morceaux de conversations mis bout à bout qui forment comme un monologue, au delà d’une forme conventionnelle qui alourdirait ici le récit.

L’auteur manie avec brio son point de vue narratif afin de nous tenir en haleine. Il y a ce qu’il veut bien nous dire de l’histoire et ce qu’il nous cache délibérément. De ce fait, le lecteur est happé par l’histoire et est amené à se poser les mêmes questions que certains personnages qui sont également dans le flou. Une réelle impression d’immersion se fait alors à la lecture.

Il n’y a pas de réel rebondissement d’action mais une sorte de flottement agréable dans ce livre à la croisée des romans de Jane Austen et des Liaisons Dangereuses. J’ai pour ma part beaucoup aimé la façon dont Henry James traite cette histoire, on ressent le réel attachement qu’il porte à ses protagonistes et en particulier à Isabel qui est éloigné des personnages féminins romanesques que l’on a l’habitude de découvrir.

En bref, des personnages aboutis et une réflexion intéressante sur la condition féminine et la question du mariage à la fin du XIXème siècle. A découvrir.

 

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