Chronique de Bridget Jones, folle de lui d’Helen Fielding

Chronique de Bridget Jones, folle de lui d’Helen Fielding

Heureuse gagnante d’un concours organisé par les éditions J’ai Lu sur Instagram, j’ai eu le plaisir de recevoir le roman Bridget Jones – Folle de lui d’Helen Fielding. J’adore l’univers décalé de la fameuse trentenaire célibatatante mais je dois bien avouer n’avoir jamais lu les livres dont sont tirés les films éponymes… « Folle de lui » se situe après le dernier film en date diffusé dans les salles obscures. Pour celles et ceux qui n’ont pas envie de se faire gâcher l’après Bridget Jones 3, je vous conseille donc de ne (malheureusement) pas lire ce qui va suivre…

Drague 2.0 à Londres

Dans Folle de lui, nous retrouvons une Bridget endeuillée par la perte de son mari. Et oui, l’inénarrable Mark Darcy a passé l’arme à gauche dans un tragique accident. Bridget élève donc seule ses deux enfants et travaille sur l’écriture d’un scénario. Se retrouvant malgré elle de nouveau célibataire, elle ne se sent plus désirable et a du mal à s’imaginer de nouveau en couple. Poussée par ses ami(e)s à refaire surface elle s’inscrit sur des sites de rencontre et une célèbre application de micro-blogging (air du temps oblige). Twittant ses moindre faits et gestes elle finit par se lier avec un homme de vingt ans son cadet.

Renée Zellweger dans le rôle de BJ (Le journal de Bridget Jones)
Renée Zellweger dans le rôle de BJ (Le journal de Bridget Jones)

La forme du roman reste la même et c’est à travers le journal pas si intime que cela que nous retrouvons les états d’âme de Bridget. Chaque chapitre commence par des listes, des bonnes résolutions, le nombre de ses followers, les calories ingurgitées en une journée, etc. Malgré les années, notre héroïne reste la même et c’est avec un certain plaisir qu’on l’y retrouve aussi gaffeuse et attachante que dans les premiers opus.


N’ayant jamais lu les précédents romans sur Bridget Jones il m’est difficile de juger l’œuvre dans sa globalité. Folle de lui est léger, simple et parfois un peu maladroit… A l’image de son héroïne ! Un livre qui vous l’aurez compris ne révolutionnera pas la littérature – et par ailleurs ce n’est pas sa vocation – mais qui reste agréable à lire. Si l’on réussit à soi-même faire le deuil de Mark Darcy…

La Pâtissière de Long Island de Sylvia Lott

La Pâtissière de Long Island de Sylvia Lott

J’ai eu la chance de gagner La pâtissière de Long Island grâce à un concours proposé par My Pretty Books et les éditions Piranha. L’envoi soigné contenait également un tablier aux couleurs acidulées de ce joli roman.

 

Marie Wiemkes vit en Frise Orientale, région la plus au nord de l’Allemagne et constituée de marais et tourbières. C’est dans ces paysages inhospitaliers que son père s’échine à extraire la tourbe qui servait à construire les maisons des familles pauvres ou à faire du combustible. L’héroïne grandit au milieu de ses parents et frères dans ce mode de vie humble ou chacun fait ce qu’il peut pour aider. Alternant les petits boulots, cette dernière fait la connaissance d’Arthur, alors jeune instituteur. Si les deux tombent follement amoureux l’un de l’autre la réaction du père de Marie est tout autre. En effet, le jeune homme n’est pas de la même confession chrétienne qu’eux et craignant des difficultés il décide d’éloigner sa fille.

Départ vers le Nouveau Monde

A la fois fascinée et terrifiée par ce pays si différent de son Allemagne natale, Marie débarque à Brooklyn au cœur de l’hiver 1932. Elle y retrouvera ses deux frères déjà émigrés. Le cœur brisé, cette dernière décide de travailler pour pouvoir mettre de l’argent de côté et ainsi se marier avec Arthur. Malgré des débuts difficiles, elle va vite se faire une place grâce notamment à une recette de cheesecake – héritage familial – dont elle est la seule de sa génération à connaître les secrets. Le gâteau au fromage blanc a des vertus thérapeutiques et pas n’importe lesquelles : celles de guérir l’âme, de réconcilier les gens, d’apaiser les cœurs.

Ouvriers prenant leur pause déjeuner en haut de l'empire state building
La photo qui fascinera Marie dès son arrivée aux Etats-Unis, l’Empire State Building qui aura une signification particulière pour elle par la suite

Deux vies, deux destins de femmes

Cette histoire, c’est à travers Rona la petite nièce de Marie qu’elle se présente. 70 ans après les faits et en plein bouleversement sentimal Rona se rend chez sa tante qui va lui raconter son histoire.

Ici sur cette plage de Long Island, j’ai commencé à comprendre que les vieilles histoires me concernaient aussi

Crise économique, politique et sociale : l’Allemagne d’entre-deux guerres

Sortie vaincue de la première guerre mondiale, l’Allemagne peine à se remettre sur pied. Contrainte par le Traité de Versailles à payer de fortes sommes aux vainqueurs, elle subit également de plein fouet les retombées de la crise économique de 1929. Des millions de personnes sont alors confrontées au chômage et à la pauvreté (les allocations chômage n’existent pas). C’est alors que le Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands (NSDAP), dirigé par Adolf Hitler, remporte les élections de 1932.

La misère, la pauvreté, les troubles politiques et la crainte de l’avenir touchaient la majorité des Allemands à l’été 1932. Beaucoup d’entre eux se sont alors exilés aux Etats-Unis avec l’espoir d’y commencer une vie meilleure.

C’est cela qui rend si puissant le discours de La pâtissière de Long Island. Bien que maîtres de leurs destins, les protagonistes n’en sont pas moins affectés par tout un contexte historique. Puis l’exil, qui donne l’impression d’être déchiré entre deux modes d’existence incompatibles, le fossé qui se creuse avec ceux que l’on connaissait depuis toujours…

Sylvia Lott a réussi un formidable travail de transmission. Venant elle-même de Frise Orientale on ne peut que ressentir toute l’affection qu’elle voue à cette région. La transmission d’une recette, d’un héritage familial, d’une tradition. C’est tout cela que raconte La pâtissière de Long Island. La période sur les Etats-Unis est également très bien documentée et rend le récit cohérent et terriblement vrai. Cependant et comme souvent dans les œuvres qui se servent des flash-back pour raconter une histoire, j’ai trouvé que le présent – en l’occurrence avec Rona – manquait de saveurs. C’était même parfois une déception de devoir quitter un moment Marie pour retrouver les histoires mièvres de sa nièce…