Les chemins de l’école, Zahira au Maroc

Les chemins de l’école, Zahira au Maroc

J’ai reçu Les chemins de l’école via la masse critique Babelio consacrée alors aux livres jeunesse. Cette série documentaire conseillée à partir de 8 ans, nous emmène aux quatre coins du monde à la découverte d’enfants qui effectuent un véritable périple pour se rendre sur les bancs de l’école.

Les livres du film à succès

Le documentaire Sur le chemin de l’école est porté à l’écran par Pascal Plisson en 2013. L’équipe suivait alors quatre enfants. Jackson au Kenya, Zahira au Maroc, Carlos en Argentine et Samuel en Inde. Très bien accueilli par le public et la critique, les éditions Nathan publient quelques années plus tard une série de livres qui retracent le parcours de chacun.

On oublie trop souvent que l’école est une chance. Dans certaines régions du monde, le chemin de l’école est un parcours du combattant et le savoir une conquête. Chaque matin, parfois au péril de leur vie, des enfants héroïques s’engagent sur le chemin de la connaissance. Ces écoliers sont les héros de leur propre histoire, de vraies histoires…

Dans les montagnes de l’Atlas avec Zahira

Zahira est une jeune fille marocaine de 12 ans qui vit auprès de sa famille le week-end et en internat la semaine. Elle rêve de devenir médecin et pour se faire doit se rendre à l’école la plus proche située à… 22 km ! C’est chaque lundi matin qu’elle entame sa longue marche de 4 heures à travers les montagnes du Haut-Atlas.

Le chemin parcouru par Zahira chaque semaine pour se rendre à l'école
Le chemin emprunté par Zahira chaque semaine pour se rendre à l’école

Pour Zahira et sa famille, le fait qu’elle puisse étudier est une chance. A l’époque de sa grand-mère, les enfants n’étudiaient que le Coran à la mosquée. La jeune fille possède le soutien de ses proches qui la poussent à être la meilleure pour s’élever, « mieux comprendre la vie » et changer leurs conditions de vie. L’éducation a cependant un prix que peu de familles peuvent se permettre de débourser. Par chance, Zahira bénéficie de l’aide d’associations et travaille très dur, consciente de son statut de privilégiée. En effet, ses grandes sœurs avant elle ont été contraintes d’arrêter leurs études, faute de moyens. Le foyer de jeunes filles où elle réside pendant la semaine est situé dans la ville d’Asni. 21 jeunes filles de tous les âges y sont logées gratuitement à condition d’habiter loin de l’école (qui se trouve en face) et d’obtenir de bons résultats.

Accès des filles à l’éducation dans le monde

Dans Les chemins de l’école, nous découvrons les difficultés des enfants vivant en zone rurale qui doivent parcourir des kilomètres pour se rendre à l’école. Et plus précisément avec le reportage sur le quotidien de Zahira, un autre sujet s’offre à nous : celui du manque d’éducation pour des millions de filles à travers le monde. Si Zahira a la chance d’accéder à des études rien n’est pour autant acquis. On le constate notamment à travers l’évocation d’une de leur camarade, retirée de l’école par ses parents du jour au lendemain…

Selon un rapport de l’UNESCO datant de 2013, 31 millions de filles en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisées. Il est probable que 17 millions d’entre elles n’iront jamais à l’école. Le nombre de filles scolarisées en primaire est inférieur de 5 millions à celui des garçons. Les jeunes femmes représentent 58 % des personnes qui n’ont pas achevé leurs études primaires. Les deux tiers des 774 millions d’analphabètes à travers le monde sont des femmes. L’éducation des filles a un impact énorme sur toute la société. En effet, si elles y avaient accès leurs conditions de vie se verraient améliorées. Baisse de la mortalité infantile, des grossesses et mariages chez les adolescentes, des écarts de salaires hommes/femmes mais également l’augmentation de la qualité de nutrition chez les enfants ainsi qu’une plus grande possibilité de trouver un emploi…

Aujourd’hui, ce sont les filles qui ont le moins accès à l’éducation. Ce problème se retrouve principalement dans les États arabes (où vit Zahira), en Asie centrale et en Asie du Sud et de l’Ouest et s’explique principalement par la préférence traditionnelle et culturelle accordée aux garçons. Les filles sont vouées à travailler au sein du foyer familial, alors que les garçons auront le droit de bénéficier d’une éducation. Dans les pays pauvres, quand une famille a la possibilité de scolariser un enfant, c’est le garçon qu’elle choisit. La fille, dès la prime enfance, est reléguée aux tâches domestiques, puis doit travailler pour aider les siens.


Un petit reportage contenant de nombreuses photos d’illustration qui ouvre à de nombreuses réflexions, une remise en perspective de notre situation où nous avons la chance d’un accès à l’éducation favorisé. Il est touchant de partir à la rencontre de ces familles qui souhaitent le meilleur pour leur enfant, de voir le courage de ces derniers pour qui l’éducation reste encore aujourd’hui un droit difficilement accessible. Un message d’espoir pour les générations à venir qui souhaitent de meilleures conditions de vie.