Chronique de Carry On de Rainbow Rowell

Chronique de Carry On de Rainbow Rowell

J’ai lu Carry On alors qu’il était le roman prévu pour le lancement du club de lecture des éditions Pocket Jeunesse auquel j’ai participé. Rainbow Rowell est l’autrice de romans Young Adult tels que FanGirl et Eleanor and Park.

Plongée dans le monde des fan-fictions

Un jeune magicien entame sa dernière année dans une célèbre école de magie d’Angleterre. Depuis plusieurs années, le Monde de la Magie est en danger et notre héros est selon une prophétie l’élu qui est capable de tout changer. Orphelin, il n’attend qu’une chose à chaque vacances d’été : retourner à l’école. Il y a ses amis, le directeur y est comme un père de substitution et il a même la meilleure chambre de l’école. Seule ombre au tableau son ennemi juré étudie au même endroit et c’est certain, les deux s’entre tueront un jour…

Cela vous rappelle quelque chose ? Ne partez pas ! Si le résumé n’est pas sans rappeler la célèbre saga Harry Potter c’est un effet voulu de Rainbow Rowell qui nous offre ainsi une plongée dans le monde des fan-fictions.

En effet, les bases de Carry On sont posées dans FanGirl. Ce roman conte l’histoire de Cath, une jeune femme introvertie qui se passionne pour la série de livres des aventures de Simon Snow au point de passer tout son temps à écrire de longues fan-fictions sur celui-ci. S’il n’est pas nécessaire d’avoir lu FanGirl avant Carry On, sa lecture apporte tout de même une énorme plus-value et permet de comprendre les rouages des relations qui naissent ou se poursuivent dans ce dernier roman de l’autrice.


Les débuts dans cette lecture peuvent être déroutants si l’on ne connaît pas l’univers de l’autrice. L’histoire peine d’abord à se mettre en place tant l’univers est riche. Une fois les bases posées, l’exercice de style est vraiment intéressant et le tout offre même un nouveau regard sur la saga Harry Potter en la mettant en lumière via un différent point de vue. Carry on est un très bon roman Young Adult, romantique et magique à souhait.

Celle dont j’ai toujours rêvé de Meredith Russo

Celle dont j’ai toujours rêvé de Meredith Russo

Adolescence rime forcément avec puberté, cette période sympathique où notre corps change et qui nécessite acceptation et réappropriation. Nous sommes tous passés (ou passerons) par là… Et si cette expérience peut parfois s’avérer difficile à vivre, elle l’est sans doute encore plus pour les personnes transgenres.

Boys don’t cry

Amanda est née homme. Devant la loi et la société elle est un homme. Mais voilà, notre héroïne se sent piégée dans une enveloppe corporelle qui ne lui correspond pas. Alors que les autres enfants veulent devenir pompier ou astronaute, elle rêve uniquement de devenir une femme. Conscients de la différence de leur enfant et en désaccord permanent quant à à son éducation, ses parents se déchirent jusqu’au divorce. Puis survient l’adolescence et ses brimades, la solitude, le repli sur soi. Amanda décide que la puberté et ses nombreux changements ne passeront pas par elle et ingère une dose mortelle de médicaments.

Elle survit à son suicide et est envoyée vivre chez son père, loin de ces mauvais souvenirs. Elle veut finir sa dernière année de lycée dans une petite ville où personne ne la connaît puis partir encore  plus loin pour l’université. Cette année, elle veut la traverser rapidement sans se faire remarquer, sans faire de vague. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est qu’elle tomberait amoureuse de Grant.

Bien que ce roman fait partie de la catégorie Young Adult, dépeigne les vicissitudes de la vie d’une adolescente, passe par la case « bal de promo », il évite bien souvent des mièvreries inutiles. Les personnages sont recherchés, profonds. Une belle palette de personnages secondaires gravite autour d’Amanda et sa relation avec ses parents est touchante et vraie. Un joli roman sur l’acceptation de soi, le pardon et l’amour. Tout n’est pas tout blanc ou noir dans Celle dont j’ai toujours rêvé et c’est ce qui le rend si puissant. L’auteure, Mérédith Russo est-elle même une personne trans et nul doute qu’elle a mis beaucoup de sa personne dans le personnage et les expériences d’Amanda. Elle a voulu montrer qu’il s’agit avant tout d’une question d’identité et non de sexualité. Un roman rare qui aborde le transgénérisme avec subtilité, même si certains clichés ou traits forcés étaient nécessaires et voulus. Celle dont j’ai toujours rêvé est également une bonne piqûre de rappel quant à nos réactions face aux personnes LGBT et à la violence qu’elles subissent au quotidien.

 

Nos étoiles contraires de John Green

Nos étoiles contraires de John Green

On ne présente plus Nos étoiles contraires (ici aux éditions France Loisirs) ou son auteur John Green, élevés au rang d’incontournables. Sortie en 2012 il trouve de nombreux fans et bien plus encore deux ans plus tard lors de son adaptation cinématographique. Alors que je ne lis que peu de romans Young Adult, j’avais trouvé celui-ci en brocante et m’était dit « pourquoi pas » ? Je ne regrette absolument pas !

Quand Augustus rencontre Hazel…

Deux personnes qui se rencontrent, un échange de regard, le coup de foudre, l’attirance… sont autant d’incontournables du roman d’amour. Ici, on n’y échappe pas, à quelques détails près…

Hazel a 16 ans, est atteinte d’un cancer et traîne derrière elle une bonbonne de gaz censée l’aider à respirer. Augustus est lui en rémission mais a été amputé d’une jambe et se déplace en béquilles. Les deux adolescents se rencontrent pour la première fois à une réunion d’un groupe de soutien pour jeunes malades et sont tout de suite captivés par l’autre…

Seulement voilà, Hazel a la certitude de faire souffrir inévitablement ses parents à cause de sa maladie. Sa mère a même démissionné de son travail pour s’occuper de sa fille à plein temps. Elle pense gâcher leur vie et se décrit comme une « grenade dégoupillée », prête à exploser à tout moment et détruire la vie de son entourage. Il lui est donc impossible d’envisager une relation amoureuse avec le jeune homme pour lequel elle ressent néanmoins une forte attraction.

Voyage à Amsterdam

La maladie, l’humour, le cynisme, la personnalité… Tout tend à rapprocher nos deux ados qui semblent partager beaucoup de goûts en commun. La littérature n’est pas en reste et en particulier le roman Une impériale affliction de Peter Van Houten.

Véritable livre de chevet pour Hazel, elle transmet sa passion à Augustus. Ils se reconnaissent dans ce roman qui dépeint la maladie de manière juste sans jamais tomber dans le pathos. Cependant, le livre n’est pas tout à fait inachevé selon la jeune fille qui rêve d’obtenir des informations sur ses personnages favoris mais ses mails à destination de l’auteur sont jusqu’ici restés sans réponse…

Malgré la faible santé d’Hazel, Augustus décide de réaliser ce rêve. Aidé par la célèbre association Make a Wish qui exauce le vœu d’enfants gravement malades, ils entreprennent le voyage jusqu’à Amsterdam pour rencontrer l’auteur Peter Van Houten.

Nos étoiles contraires : du roman au film à succès

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C’est avec l’adaptation cinématographique que j’ai découvert Nos étoiles contraires. J’avais donc peur que cela me gâche le plaisir de la lecture mais il n’en est rien. Si l’adaptation est plutôt fidèle, elle tend tout de même beaucoup plus vers le pathos et c’est dommage. En refermant le livre j’avais certes la gorge serrée mais également un sentiment heureux teinté d’espoir.

Bref, si vous ne connaissez ni le livre ni le film je vous conseille de découvrir l’histoire avec la version papier dans un premier temps.


Un roman Young Adult sympathique qui se lit rapidement et qui s’éloigne des clichés et du pathos malgré un sujet lourd à traîter. L’attrait principal du livre est la personnalité forte, mature et quelque fois cynique de l’héroïne. Pleine de convictions, elle est également végétarienne et cela fait du bien d’avoir enfin la représentation d’un personnage végétarien et cool dans la littérature ! Un livre sincère et juste sur des adolescents condamnés à grandir trop vite…

Les chemins de l’école, Zahira au Maroc

Les chemins de l’école, Zahira au Maroc

J’ai reçu Les chemins de l’école via la masse critique Babelio consacrée alors aux livres jeunesse. Cette série documentaire conseillée à partir de 8 ans, nous emmène aux quatre coins du monde à la découverte d’enfants qui effectuent un véritable périple pour se rendre sur les bancs de l’école.

Les livres du film à succès

Le documentaire Sur le chemin de l’école est porté à l’écran par Pascal Plisson en 2013. L’équipe suivait alors quatre enfants. Jackson au Kenya, Zahira au Maroc, Carlos en Argentine et Samuel en Inde. Très bien accueilli par le public et la critique, les éditions Nathan publient quelques années plus tard une série de livres qui retracent le parcours de chacun.

On oublie trop souvent que l’école est une chance. Dans certaines régions du monde, le chemin de l’école est un parcours du combattant et le savoir une conquête. Chaque matin, parfois au péril de leur vie, des enfants héroïques s’engagent sur le chemin de la connaissance. Ces écoliers sont les héros de leur propre histoire, de vraies histoires…

Dans les montagnes de l’Atlas avec Zahira

Zahira est une jeune fille marocaine de 12 ans qui vit auprès de sa famille le week-end et en internat la semaine. Elle rêve de devenir médecin et pour se faire doit se rendre à l’école la plus proche située à… 22 km ! C’est chaque lundi matin qu’elle entame sa longue marche de 4 heures à travers les montagnes du Haut-Atlas.

Le chemin parcouru par Zahira chaque semaine pour se rendre à l'école
Le chemin emprunté par Zahira chaque semaine pour se rendre à l’école

Pour Zahira et sa famille, le fait qu’elle puisse étudier est une chance. A l’époque de sa grand-mère, les enfants n’étudiaient que le Coran à la mosquée. La jeune fille possède le soutien de ses proches qui la poussent à être la meilleure pour s’élever, « mieux comprendre la vie » et changer leurs conditions de vie. L’éducation a cependant un prix que peu de familles peuvent se permettre de débourser. Par chance, Zahira bénéficie de l’aide d’associations et travaille très dur, consciente de son statut de privilégiée. En effet, ses grandes sœurs avant elle ont été contraintes d’arrêter leurs études, faute de moyens. Le foyer de jeunes filles où elle réside pendant la semaine est situé dans la ville d’Asni. 21 jeunes filles de tous les âges y sont logées gratuitement à condition d’habiter loin de l’école (qui se trouve en face) et d’obtenir de bons résultats.

Accès des filles à l’éducation dans le monde

Dans Les chemins de l’école, nous découvrons les difficultés des enfants vivant en zone rurale qui doivent parcourir des kilomètres pour se rendre à l’école. Et plus précisément avec le reportage sur le quotidien de Zahira, un autre sujet s’offre à nous : celui du manque d’éducation pour des millions de filles à travers le monde. Si Zahira a la chance d’accéder à des études rien n’est pour autant acquis. On le constate notamment à travers l’évocation d’une de leur camarade, retirée de l’école par ses parents du jour au lendemain…

Selon un rapport de l’UNESCO datant de 2013, 31 millions de filles en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisées. Il est probable que 17 millions d’entre elles n’iront jamais à l’école. Le nombre de filles scolarisées en primaire est inférieur de 5 millions à celui des garçons. Les jeunes femmes représentent 58 % des personnes qui n’ont pas achevé leurs études primaires. Les deux tiers des 774 millions d’analphabètes à travers le monde sont des femmes. L’éducation des filles a un impact énorme sur toute la société. En effet, si elles y avaient accès leurs conditions de vie se verraient améliorées. Baisse de la mortalité infantile, des grossesses et mariages chez les adolescentes, des écarts de salaires hommes/femmes mais également l’augmentation de la qualité de nutrition chez les enfants ainsi qu’une plus grande possibilité de trouver un emploi…

Aujourd’hui, ce sont les filles qui ont le moins accès à l’éducation. Ce problème se retrouve principalement dans les États arabes (où vit Zahira), en Asie centrale et en Asie du Sud et de l’Ouest et s’explique principalement par la préférence traditionnelle et culturelle accordée aux garçons. Les filles sont vouées à travailler au sein du foyer familial, alors que les garçons auront le droit de bénéficier d’une éducation. Dans les pays pauvres, quand une famille a la possibilité de scolariser un enfant, c’est le garçon qu’elle choisit. La fille, dès la prime enfance, est reléguée aux tâches domestiques, puis doit travailler pour aider les siens.


Un petit reportage contenant de nombreuses photos d’illustration qui ouvre à de nombreuses réflexions, une remise en perspective de notre situation où nous avons la chance d’un accès à l’éducation favorisé. Il est touchant de partir à la rencontre de ces familles qui souhaitent le meilleur pour leur enfant, de voir le courage de ces derniers pour qui l’éducation reste encore aujourd’hui un droit difficilement accessible. Un message d’espoir pour les générations à venir qui souhaitent de meilleures conditions de vie.
Watership Down de Richard Adams

Watership Down de Richard Adams

Watership Down est le premier roman de l’auteur britannique Richard Adams. J’ai entendu parler de ce livre lors de la soirée littéraire à la librairie Decitre. En effet, quelques libraires y présentaient leurs coups de cœur et je n’ai pas pu résister à l’appel de ce roman jeunesse d’aventures. Publié en 1972, vendu à plus de 50 millions d’exemplaires il se classe parmi les livres les plus lus et les plus appréciés au monde et est traduit en une vingtaine de langues. Réédité par Monsieur Toussaint Louverture pour la rentrée littéraire 2016, le best-seller se pare d’une superbe couverture.

Une fable écologique

Oubliez tout ce que vous pensiez savoir sur les lapins…

Un matin, le jeune lapin Fyveer reçoit la vision apocalyptique de sa famille décimée et de son foyer détruit. La garenne de Sandleford où vit son petit groupe est menacée par le chantier de construction de futures résidences humaines. Alerté par son frère, Hazel notre héros décide de prendre les choses en… pattes et de partir à la conquête d’un nouveau foyer. Commence alors le récit de leurs aventures jusqu’à la Terre promise où ces petits herbivores au bas de la chaîne alimentaire se révéleront pleins de ruse et de courage.

L'adaption au cinéma de Watership Down en 1978
L’adaption au cinéma de Watership Down en 1978

Amoureux de la nature, Richard Adams s’inspire d’une colline au nord du Hampshire pour placer le décor de Watership Down. Y ayant toujours vécu, il porte une attention toute particulière à la description des lieux, de la végétation et des paysages… Ces détails renforcent l’impression de réalisme et de danger omniprésent. Nous nous rendons alors compte qu’à échelle de lapin même le plus petit obstacle peut leur être (presque) insurmontable.

Conte et légendes

Le lapin est une figure incontournable de la culture populaire (Pierre Lapin,  Bugs Bunny, Panpan, Coco Lapin, etc) notamment dans l’univers enfantin. Si Watership Down est estampillé jeunesse il n’en est pas moins un récit d’aventures pouvant plaire à tout âge et qui évite l’anthropomorphisme.

Le groupe de lapins n’est que très peu humanisé. Ils conservent leur instinct de survie, leur volonté de reproduction et répondent à leurs besoins naturels avant tout. Cependant, ils communiquent entre eux à travers un langage qui leur est propre (inventé par l’auteur) et qui contient des mots comme vilou (prédateur), farfaler (manger à l’air libre), kataklop (véhicule à moteur), etc. Leur patrimoine est également constitué de légendes mythologiques (contées au sein du terrier) basées sur les aventures de Shraavilshâ, l’ancêtre des lapins. Richard Adams dira à ce propos « Leur comportement correspond en effet à celui du lapin, mais ils sont en même temps animés par des sentiments humains. »

Le roman explore de nombreux thèmes (l’exil, la survie, l’héroïsme, etc) et chaque chapitre commence par une citation de choix (qui peut être tirée d’une œuvre littéraire célèbre ou d’une chanson populaire) qui fait directement écho à ce qui suit.

Watership Down est typiquement le livre que je regrette de ne pas avoir connu avant. J’aurais aimé le découvrir plus jeune car je sais que l’enfant que j’étais aurais adoré ces aventures. Mieux vaut tard que jamais et je sais que je ne manquerai pas à l’avenir de le faire découvrir autour de moi comme un héritage.

 

Chiens perdus sans collier – Gilbert Cesbron

Chiens perdus sans collier – Gilbert Cesbron

J’ai pioché Chiens perdus sans colllier (Edition J’ai lu) totalement au hasard dans ma PAL et je ne le regrette absolument pas ! Je ne connaissais pas du tout l’histoire et après avoir fait des recherches il s’avère que celui-ci a été un très grand succès de librairie dans les années 1950 et 1960 pour avoir été édité à environ quatre millions d’exemplaires. Il a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique avec Jean Gabin.
film chiens perdus sans collier avec jean gabin

Délinquance d’enfants nés sous la mauvaise étoile

Dans ce livre, nous suivons plusieurs histoires et personnages au gré des chapitres. Alain Robert, jeune orphelin placé de famille en famille et l’adolescent Marc retiré à sa la sienne pour avoir volé (puis rapporté) un panier de pommes. Ils se rencontreront au centre d’éducation surveillé de Ternerey qui accueille déjà beaucoup d’autres enfants, tous plus attachants les uns que les autres.

L’intrigue ne se déroule pas seulement de leurs points de vue mais également à travers celui des différents adultes. En effet, nous faisons la connaissance des divers employés de Ternerey ainsi que du juge pour enfants Mr Lamy. Ce dernier donne toute son énergie à ce métier qu’il affectionne au point de délaisser son propre fils. C’est d’ailleurs le cas de la plupart des adultes que nous croisons, le métier qu’ils exercent étant plus que prenant et ne laissant que peu de place à une vie privée.

Gilbert Cesbron nous trace ici les pistes qui nous permettent de comprendre la divagation de ces enfants. C’est tout le contexte social qui joue ici un rôle non négligeable. L’environnement, la famille sont autant de prémices à ces errements, cette colère enfouie au fond de chacun d’eux. Eux qui ont du mal à donner leur confiance, à aimer, il leur faudra compter et s’appuyer les uns sur les autres pour enfin devenir adultes.

Ce livre a été un réel coup de cœur. C’est émouvant et à la fois profondément triste, certains passages sont durs et d’autres touchants. On a l’impression d’assister à quelque chose qui est de nos jours révolu, le système administratif commençant dès lors à évoluer et à amener avec lui beaucoup de changements, pas tous bénéfiques. Car ce sont bien les rouages administratifs et toute la « paperasserie » qui compliquent et déshumanisent ce métier d’accompagnement d’enfants en difficulté.

Un livre poignant sur l’enfance et les contextes sociaux qu’ils subissent de plein fouet.

On en ressort tout comme nos personnages, grandi.

Chronique de l’oeil du loup de Daniel Pennac

Chronique de l’oeil du loup de Daniel Pennac

J’ai lu L’œil du loup en primaire (Editions Pocket Jeunesse) et il fait partie de ceux qui laissent une marque… Je suis tombée dessus par hasard lors d’une brocante et j’ai donc décidé de m’y replonger, appréciant beaucoup l’oeuvre de Daniel Pennac.  Outre la satisfaction de faire diminuer sa PAL rapidement avec un livre court ce fut un réel plaisir de redécouvrir cette oeuvre.

S’il te plait… apprivoise-moi !

Ce livre c’est avant tout une rencontre : celle de l’enfant nommé Afrique et d’un vieux loup bleu d’Alaska. Au zoo, les deux vont en un regard échanger leurs souvenirs et voir défiler la vie de l’autre. Né dans le Grand Nord, le loup sera traqué, capturé et rendu captif dans un minuscule enclos offert à la vue et l’amusement de touristes. Le petit garçon a quant à lui échappé à une guerre qui le laisse orphelin, errant à travers plusieurs pays jusqu’à cette rencontre.

A ces destins se mêleront également ceux de tous les animaux du zoo. Des histoires différentes mais qui finissent par s’entremêler. Si l’histoire se finit en apparence bien elle laisse comme un goût amer. En effet, Pennac nous livre une nouvelle fois un regard sur les humains qui est loin d’être tendre. Guerre, esclavagisme, déforestation, celui-ci n’a que peu d’égard pour la vie qui l’entoure. Et les victimes directes de ces tragédies sont les êtres les plus innocents et vulnérables, les animaux et les enfants. Toutefois, ce romain est teinté d’espoir, celui des générations futures à qui nous nous devons d’apprendre à connaître et respecter notre prochain.

Cette histoire n’est pas sans rappeler le Petit Prince de Saint-Exupéry et le passage entre le Petit Prince et le renard. Ici aussi il s’agit de la naissance d’une amitié, de la patience que celle-ci requiert pour s’épanouir, du temps qu’il faut pour s’apprivoiser…

Une merveilleuse histoire d’amitié, de partage et de rencontres que je conseille à tous.